Daniel Mercier

Daniel Mercier

Pourquoi faut-il une préparation spécifique avant de partir aux sports d’hiver ?

Sans préparation, le risque c’est de ne profiter de ses vacances qu’une journée ! A Villard-de-Lans où j’exerce, les médecins de la station sont débordés par l’afflux d’accidents de ski et de snow-board. Même si le ski de descente, pratiqué par 90% des vacanciers, est moins physique que le ski de fond, il faut une bonne capacité aérobie pour ne pas être tout le temps essoufflé et ne pas trop peiner musculairement. Cela ne suffit pas de faire un peu de sport toute l’année, surtout s’il s’agit de vélo ou de natation : ces disciplines permettent de développer son endurance mais pas sa proprioception . Autrement dit, pour les sports d’hiver et le ski de descente en particulier, il est nécessaire d’avoir un bon équilibre.

Comment bien se préparer, spécialement quand on est enseignant ?

Pour être capable de s’adapter au dénivelé, il faut bien travailler ses muscles stabilisateurs: abdominaux, dorsaux, mollets, cuisses, fessiers… Le meilleur conseil, c’est de rencontrer un professionnel qui pourra proposer un programme d’entraînement adapté et des exercices personnalisés. Beaucoup en font l’économie en prétextant que les séjours au ski coûtent déjà cher. Ce n’est pas un bon calcul car le risque est grand d’interrompre prématurément ses vacances à cause d’un pépin physique. Au-delà de l’endurance, je conseille surtout de répéter de petits exercices  chez soi, avec des flexions, de l’entraînement fractionné et de travailler ses muscles stabilisateurs sur une planche de kiné par exemple. Tous les sports collectifs, pratiqués régulièrement toute l’année, de même que le tennis à condition de ne pas négliger l’échauffement, contribuent à une bonne préparation physique. Au niveau de l’alimentation, le meilleur conseil c’est de ne pas modifier ses habitudes et de manger équilibré toute l’année.

Quels sont les accidents les plus fréquents et comment les éviter si on n’a pas eu le temps de bien se préparer ?

La majorité des blessures sont ligamentaires, elles se situent surtout au niveau des genoux. Les traumatismes crâniens sont également nombreux, d’où l’importance de porter un casque. Je préconise aussi de s’équiper d’une protection dorsale pour se prémunir en cas de chute, surtout en snow-board. En premier lieu, il est nécessaire de s’assurer de disposer d’un équipement adapté et bien réglé. Ensuite, c’est du bon sens : quel que soit son niveau, mieux vaut bien s’étirer avant l’effort et commencer par des pistes faciles le premier jour, en faisant régulièrement des pauses. Les deux premières pistes de la journée doivent être abordées comme un échauffement, pour pouvoir ensuite élever progressivement le niveau de difficultés.

Peut-on se permettre une préparation moindre si l’on pratique le ski de fond ?

C’est une réalité : il y a beaucoup moins de blessures en ski de fond et en raquettes, qu’en ski ou en snow-board. Ceci étant, le ski de fond est plus difficile physiquement. En ski alpin, c’est le dénivelé qui nous donne de la vitesse alors qu’en ski de fond ou en raquettes, c’est notre propre effort physique qui nous propulse. Il ne faut donc surtout pas négliger la préparation en ski de fond et veiller à mettre l’accent sur l’aérobie.