Bernard Belloc : créer des filières pour les étudiants les plus fragiles à l’université

Bernard Belloc, ancien conseiller pour l'enseignement supérieur et la recherche de Nicolas Sarkozy, dresse un réquisitoire contre le projet de loi de Geneviève Fioraso. Il fait des contre-propositions.

3d small people - graduate and books © Anatoly Maslennikov - Fotolia.com

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Dans une tribune publiée dans Les Echos vendredi dernier, Bernard Belloc, ancien conseiller pour l’enseignement supérieur et la recherche auprès du président Sarkozy, dénonce le projet de loi de Geneviève Fioraso, qu’il qualifie de « vraie contre-réforme réactionnaire ». Pour lui, cette loi découle directement du refus du gouvernement « d’inscrire son projet de loi sur les universités dans la continuité de l’action entreprise pendant le précédent quinquennat ».

Ce projet de loi est controversé au sein de la communauté universitaire, qui appelle à la grève le 21 mars prochain, alors qu’il doit être présenté le 27 en Conseil des ministres.

Bernard Belloc attaque en particulier l’idée des « regroupements d’établissements« , sorte de concept dévoyé des « Idex, avec leurs noyaux durs autour du meilleur des établissements qui s’y associaient ».

« Le vrai-faux rattachement des classes prépas aux universités »

Il dénonce également le fait que rien de solide n’est prévu, en réalité, pour la réussite des étudiants. Les mesures envisagées reviendront à « perpétuer les mêmes pratiques d’enseignement, devant des auditoires d’étudiants que leur trop grande hétérogénéité tire hélas irrémédiablement vers le bas ». Enfin, il fustige « le vrai-faux rattachement des classes prépas aux universités ».

Sur ce dernier point, il estime « qu’il faudrait [plutôt] créer et financer des filières d’excellence dans les premiers cycles universitaires, à côté des filières classiques au sein desquelles les étudiants les plus fragiles pourraient bénéficier d’une pédagogie mieux adaptée à leur niveau ».

« Aggraver la loi Pécresse sur l’autonomie »

Réformer l’université, quel que soit le gouvernement, s’avère donc une mission fort délicate. On pouvait ainsi lire hier sur lemonde.fr, que pour l’intersyndicale formée de SUD, la FSU, la CGT, le Snesup, avec Sauvons la recherche et Sauvons l’université, le projet de loi « inacceptable » ne fera qu' »aggraver la loi Pécresse sur l’autonomie ».

Enfin, le Blog Sciences de Liberation relayait le texte très critique du C3N (conseil constitué des présidents des conseils scientifiques du CNRS) sur le projet de loi : pour le conseil en effet, « il ne procède pas à la simplification du système de l’ESR que toutes les contributions aux Assises ont instamment demandée ». Le C3N souhaite l’abandon du projet.

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