Franck Riester : « le gouvernement n’a pas d’ambition pour l’école »

Franck Riester, député-maire de Coulommiers (Seine-et-Marne) et secrétaire général adjoint de l’UMP, est très critique vis-à-vis de la réforme des rythmes scolaires. Entretien.

Franck Riester député-maire UMP CoulommiersPourquoi dénoncez-vous la réforme des rythmes scolaires ?

Elle a été mal préparée. Je pense que ses impacts ne sont pas du tout évalués et elle est largement contestée par à peu près tous ceux qui sont concernés : enseignants, élus locaux, animateurs des centres de loisirs, parents d’élèves.

Ce qui me frappe, et ce sont les inquiétudes qui ont été relayées par l’AMF, c’est qu’on ne sait rien d’autre que le minimum. On ne sait pas qui financera quoi, ni comment. Le calendrier est bancal, les délais sont trop contraints. Je ne pense pas que 50% des communes introduiront la réforme à la rentrée 2013. Ce sera beaucoup moins, sans compter que des villes comme Lyon, et peut-être Paris, feront la réforme en 2014.

Ce n’est pas rien pour les maires de réorganiser les cantines, les accueils de loisirs, les horaires de travail, les transports scolaires, et de trouver les financements. Certaines communes n’auront pas les moyens et on va voir une aggravation des inégalités scolaires, entre celles qui pourront financer la prise en charge périscolaire et les autres. Finalement, on risque d’avoir l’effet inverse à celui recherché. Il faut trouver une voie et les moyens pour que tous les enfants de la République aient les meilleures chances de succès. De nombreuses difficultés n’ont pas été prises en compte par le Ministre, qui lance son projet et qui laisse tout le monde se débrouiller, comme s’il n’était responsable de rien.

L’UMP n’a-t-elle pas retourné sa veste en ne s’opposant plus au retour à la semaine de 4,5 jours ?

Non, c’est Luc Chatel qui a autorisé les communes volontaires à revenir à la semaine de 4 jours et demi. D’ailleurs, il n’y a pas forcément consensus sur ce sujet. Si le Gouvernement décide de trancher en faveur des 4,5 jours, il faut que la réforme soit mieux préparée, il faut convaincre et pas contraindre, il faut une approche collaborative avec tous les acteurs concernés. C’est comme ça qu’on surmontera toutes les difficultés.

Vincent Peillon relance l’idée de réduire les vacances d’été à l’horizon 2015, avec un zonage. Est-ce une bonne idée ?

C’est un sujet qu’on ne peut pas prendre à la légère, comme le fait Vincent Peillon. Ça demande de la sérénité et de la réflexion et là c’est du bricolage. On ne peut pas traiter toutes ces questions de manière indépendante. Il faut avoir une réflexion globale, à la fois sur la semaine de travail, sur l’année scolaire, sur le contenu des programmes, sur l’organisation du temps périscolaire. Le gouvernement prépare d’un côté un projet de loi sur la refondation de l’école, et de l’autre, il modifie les rythmes par décret.

Et puis, sur le zonage pour les vacances d’été, je pense que ce n’est pas adapté. Il faut prendre en compte les familles et notamment les familles recomposées. L’été est un moment privilégié pour se retrouver, laissons les familles s’organiser comme elles veulent ! Il y a eu suffisamment de bouleversements pour beaucoup de familles avec les 35h pour qu’on n’ajoute pas des contraintes supplémentaires inutiles.

Comment analysez-vous le mécontentement des enseignants ?

Il y a ceux qui trouvent que la réforme ne va pas assez loin, ceux qui pensent qu’elle est mal faite… Les grèves et les manifestations révèlent un malaise, parce qu’il y a plein d’autres sujets tout aussi importants que les rythmes scolaires et qui ne sont pas pris en compte. En fait, le gouvernement n’a pas d’ambition pour l’école. Il choisit la quantité au lieu de la qualité, il jette de la poudre aux yeux avec les 60 000 postes qu’on ne pourra pas payer, mais à côté de ça, il n’y a rien. C’est ça qui crée le malaise.

Les enseignants devraient-ils participer davantage au temps périscolaire prévu par la réforme ?

Il faut que ce soit décidé au niveau local, au cas par cas. Le temps périscolaire n’est pas un temps d’enseignement. Il doit être un temps d’apprentissage, mais par d’autres biais. Il faut que les directeurs d’école participent à l’élaboration des Projets Educatifs Territoriaux (PET), et c’est comme ça qu’on pourra déterminer le rôle de chacun dans la mise en œuvre. Malheureusement, pour l’instant, tout est tellement mal préparé que les PET vont être difficiles à faire. Il faut que le gouvernement revoie sa copie et qu’on réponde à toutes les interrogations !

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4 commentaires sur "Franck Riester : « le gouvernement n’a pas d’ambition pour l’école »"

  1. caroudel  1 mars 2013 à 16 h 44 min

    C’était beaucoup mieux du temps de la droite… Même la suppression du samedi avait été l’objet d’âpres et longues négociations avec les différentes parties. Les communes qui voyaient leurs dépenses diminuer et les profs leur samedi libéré n’ont pas trop manifesté à l’époque. Et les suppressions de postes, et la formation nulle, et tout ce qui était si bien. Je trouve que les politiques sont meilleurs dans l’opposition qu’au gouvernement ! Vu l’enjeu, nos enfants, tout cela n’est pas très sérieux !Signaler un abus

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  2. Anonyme  1 mars 2013 à 18 h 23 min

    C’est juste un positionnement politique ! L’argumentaire est creux ! Du grand n’importe quoi quand on sait ce qu’ont fait Darcos et Chatel ! Même dans l’opposition ce monsieur n’a rien d’intéressant à dire ! Passez votre chemin !Signaler un abus

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  3. Karoutcho  2 mars 2013 à 10 h 22 min

    Il est certain qu’il est difficile de faire pire que la droite en matière d’éducation. Cependant l’amateurisme de la gauche ne rassure pas pour autant. Mention spéciale pour l’acronyme PET que je découvre, gauche ou droite ont souvent en commun un certain sens du ridicule 😉Signaler un abus

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  4. Sami  3 mars 2013 à 9 h 09 min

    Les enseignants ne sont pas contents. J’aurais parié, j’aurais gagné…Signaler un abus

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