La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a annoncé que le gouvernement allait proposer d’abroger le jour de carence des fonctionnaires dans le prochain budget. Dans un entretien accordé aux Echos jeudi, elle juge cette mesure « injuste, inutile et inefficace » et « humiliante pour les agents ».

Une mesure « pas raisonnable du tout » pour le Medef

Une mesure d’autant plus contestable que « l’impact budgétaire du jour de carence est très limité, de l’ordre de 60 millions d’euros pour l’Etat », estime la ministre.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a elle estimé jeudi sur RTL que la suppression du jour de carence coûterait 200 millions d’euros par an, et considère que la décision du gouvernement n’est « pas raisonnable du tout ».

Davantage de contrôles pour lutter contre les arrêts abusifs

La Fédération hospitalière de France (FHF), qui défend les intérêts des 1.200 établissements de santé publics, n’approuve pas davantage. Selon la FHF, l’absentéisme a reculé de 7 % depuis l’application de la journée de carence. Dans une lettre adressée à la ministre, la fédération lui demande de « surseoir à une éventuelle décision qui ne serait pas favorable à l’intérêt des patients ».

« Je ne nie pas qu’il peut y avoir, comme dans le privé, des arrêts abusifs contre lesquels il faut lutter », reconnaît Marylise Lebranchu. Elle propose pour y remédier de « renforcer le contrôle des arrêts de courte durée et des arrêts répétitifs », espérant parvenir « à un niveau de contrôle équivalent à celui du privé ».