FOREDD 2013 : « 50% de l’oxygène que nous respirons vient du plancton marin »

Le FOREDD 2013, organisé par le CRDP d'Amiens les 7 et 8 février derniers, avait pour thème cette année "Océans et développement durable". Retour sur quelques-unes des interventions.

En introduction du FOREDD 2013, Michel Hagnerelle, inspecteur général de l’Éducation nationale, groupe histoire et géographie, chargé d’une mission nationale pour l’EDD, s’est montré très positif : l’EDD va bien !

Il a tenu à souligner que l’éducation au développement durable était aujourd’hui très présente à l’école et appréciée des élèves. Dans ce cadre, les océans sont un sujet majeur.

Dans notre environnement, les océans doivent être protégés à tout prix. Les intervenants au FOREDD ont tous donné des chiffres marquants : l’océan constitue 70% de la planète Terre, 80% du commerce mondial se fait par la mer, 90% de la communication mondiale passe par les câbles sous-marins, et 50% de l’oxygène que nous respirons provient du plancton marin. Enfin, un quart du gaz carbonique est absorbé par l’océan.

C’est une évidence : le développement durable de l’humanité passe par la mer.

Observer l’océan depuis l’espace

Parmi les interventions, Anny Cazenave, chercheur au LEGOS/CNES, a expliqué combien il était important d’observer l’océan depuis l’espace.

L’océan redistribue la chaleur sur terre. En effet, la chaleur est stockée dans l’océan, qui conserve en quelque sorte une mémoire à long terme du système climatique. Entre 85 et 90 % de la chaleur accumulée du fait des activités humaines est stockée par l’océan, c’est donc bien plus que celle stockée dans la Terre et dans l’atmosphère.

Or un tiers de l’augmentation du niveau de la mer est dû à son propre réchauffement : l’observation des propriétés de l’océan est donc essentielle pour comprendre les évolutions climatiques. Depuis 10 ans, grâce aux balises Argos, on mesure sa température. 3623 flotteurs Argos sont ainsi répartis dans les mers, et ils envoient leurs infos aux satellites. Un flash d’informations est ainsi diffusé tous les dix jours. Les balises mesurent aussi la salinité. Elle témoigne d’une intensification du cycle de l’eau : or cette intensification est liée au réchauffement climatique.

Enfin, les satellites permettent d’établir une carte des fonds marins, car grâce à eux, on peut visualiser la surface de la mer : elle est différente en fonction de la présence d’une fosse ou d’un volcan, dans ce dernier cas par exemple, elle sera bombée.

Et la surface de la mer se bombe aussi lors de graves perturbations météorologiques, par exemple sous l’influence d’El Nino.

Par ailleurs, grâce à l’altimétrie, avec la mission GOCE 2009, on voit la hausse du niveau de la mer. Depuis des années, il ne fait qu’augmenter à cause de la fonte des glaces.

Préserver l’Arctique

Eric Cannobio, maître de conférences, département de géographie de l’université Paris 8- Saint Denis, est revenu sur la création en 1996 du Conseil de l’Arctique. Ce dernier est né de l’angoisse des états par rapport à l’état écologique de l’arctique, dans lequel se déversent par exemple des polluants nucléaires. Il n’y a par ailleurs aujourd’hui aucune donnée précise dans le code maritime sur l’océan arctique. Eric Cannobio a cependant indiqué qu’un code polaire était en cours de rédaction.

En France, pour veiller sur la mer, le préfet maritime a été créé en 1800 par Napoléon, et en 1978 , le préfet maritime moderne. La France en compte trois en métropole et un en outre mer. Ils veillent à ce que tous les usages de la mer se fassent dans le respect des règles. Ils surveillent ainsi aussi bien les centrales nucléaires les pieds dans l’eau, que le câblage sous-marin de France Telecom, le passage des navires de fort tonnage ou encore les impacts de la pêche dans les principaux gisements halieutiques.

Les préfets maritimes travaillent en étroite collaboration avec la Marine nationale. Et le développement durable fait naturellement partie des mission de l’action de l’Etat en mer, comme l’a souligné Thierry de La Burgade, commissaire en chef de l’État-major de la Marine, Bureau Action de l’État en mer, lors de son intervention.

La Marine nationale veille sur la mer

La prévention des accidents en mer est importante, en particulier avec les navires transportant des substances dangereuses. La Marine nationale intervient également pour le contrôle des pêches. Elle s’occupe aussi de dépolluer la mer des épaves de guerre. Enfin, les bâtiments de la Marine nationale permettent le suivi de l’observation des mammifères marins.

Thierry de La Burgade est revenu sur l’accident du chimiquier ECE en 2006, qui avait échoué en mer avec 10000 tonnes d’acide phosphorique à bord. La Marine nationale, outre les opérations de sauvetage, a joué un rôle majeur dans des actions de lutte contre la pollution.

Au terme de la journée du 7 février dédiée aux tables rondes, l’océan est apparu au centre de nos vies. Pour respirer, pour se nourrir, pour communiquer et pour encore bien d’autres aspects évoqués par les participants aux tables rondes, comme la santé.

C’est un trésor à protéger -de gros progrès restent à accomplir pour y arriver.

Vous pourrez d’ici peu retrouver l’intégralité des interventions en vidéo sur le site du FOREDD.

1 commentaire sur "FOREDD 2013 : « 50% de l’oxygène que nous respirons vient du plancton marin »"

  1. unamidelavérité  25 février 2013 à 21 h 08 min

    Le gaz que nous respirons n’est pas de l’oxygène mais du dioxygène.Signaler un abus

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