Selon le ministère de l’Education nationale, 36,8% des enseignants du primaire ont annoncé leur intention de faire grève ce mardi 12 février, un taux qui atteindrait 69,9% des enseignants à Paris. Le Snuipp-FSU, principal syndicat du premier degré, tablait vendredi sur une participation de 58% au niveau national.

La réforme des rythmes scolaires fortement contestée

Les professeurs des écoles se mobilisent contre la réforme des rythmes scolaires et le retour à la semaine de 4,5 jours, avec mercredi matin travaillé. La réforme sera effective dès la rentrée 2013, sauf dérogation accordée par les DASEN en fonction de projets éducatifs locaux. Les communes et conseils d’écoles peuvent en effet demander à travailler le samedi matin au lieu du mercredi, et solliciter auprès du conseil général un report du changement de rythmes à 2014, selon la circulaire d’application publiée au BOEN du 7 février.

« Je recommande aux communes de passer dès cette année », confie Vincent Peillon dans un entretien publié aujourd’hui par L’Express. « Les difficultés rencontrées en 2013 seront encore plus présentes en 2014, année électorale », explique le ministre de l’Education nationale.

Les syndicats dénoncent une réforme précipitée, alors que la nouvelle organisation de la journée de cours et la demi-journée travaillée supplémentaire bouleversent l' »orga­ni­sa­tion de vie » des enseignants. En 2013, « on fera des choses approximatives, on y reviendra« , a reconnu vendredi Vincent Peillon devant les 1.400 IEN du premier degré. Mais « que tout le monde se décontracte. (…) Si on n’y arrive pas, on le fera l’année prochaine », a-t-il souligné.

Cinquième mobilisation en trois semaines

Cette cinquième mobilisation des enseignants en trois semaines enregistre une participation beaucoup plus importante que pour la grève nationale de la fonction publique du 31 janvier dernier, pour laquelle le ministère avait recensé 18% d’instituteurs grévistes.

Outre la FSU, cinq autres fédérations d’enseignants minoritaires (CGT, FO, SUD, CNT et Faen) appellent également à la mobilisation ce mardi, mais sur des revendications plus larges : abrogation du décret sur les rythmes, abandon du projet de loi sur l’école, et amélioration des conditions de travail et de rémunération.

Le SE-Unsa, deuxième syndicat de l’éducation, n’a pas appelé à cette grève qui « amalgame tous les sujets et conduit au maintien du statu quo pour l’Ecole et ses enseignants ». Pour le syndicat, la contestation du projet de loi est « suicidaire » et les problèmes sur les rythmes doivent se régler localement.