37% d’instits grévistes en France, 70% à Paris (chiffres ministère)

La mobilisation des enseignants du premier degré s'annonce importante pour ce jour de grève nationale, en contestation de la réforme des rythmes scolaires.

Selon le ministère de l’Education nationale, 36,8% des enseignants du primaire ont annoncé leur intention de faire grève ce mardi 12 février, un taux qui atteindrait 69,9% des enseignants à Paris. Le Snuipp-FSU, principal syndicat du premier degré, tablait vendredi sur une participation de 58% au niveau national.

La réforme des rythmes scolaires fortement contestée

Les professeurs des écoles se mobilisent contre la réforme des rythmes scolaires et le retour à la semaine de 4,5 jours, avec mercredi matin travaillé. La réforme sera effective dès la rentrée 2013, sauf dérogation accordée par les DASEN en fonction de projets éducatifs locaux. Les communes et conseils d’écoles peuvent en effet demander à travailler le samedi matin au lieu du mercredi, et solliciter auprès du conseil général un report du changement de rythmes à 2014, selon la circulaire d’application publiée au BOEN du 7 février.

« Je recommande aux communes de passer dès cette année », confie Vincent Peillon dans un entretien publié aujourd’hui par L’Express. « Les difficultés rencontrées en 2013 seront encore plus présentes en 2014, année électorale », explique le ministre de l’Education nationale.

Les syndicats dénoncent une réforme précipitée, alors que la nouvelle organisation de la journée de cours et la demi-journée travaillée supplémentaire bouleversent l' »orga­ni­sa­tion de vie » des enseignants. En 2013, « on fera des choses approximatives, on y reviendra« , a reconnu vendredi Vincent Peillon devant les 1.400 IEN du premier degré. Mais « que tout le monde se décontracte. (…) Si on n’y arrive pas, on le fera l’année prochaine », a-t-il souligné.

Cinquième mobilisation en trois semaines

Cette cinquième mobilisation des enseignants en trois semaines enregistre une participation beaucoup plus importante que pour la grève nationale de la fonction publique du 31 janvier dernier, pour laquelle le ministère avait recensé 18% d’instituteurs grévistes.

Outre la FSU, cinq autres fédérations d’enseignants minoritaires (CGT, FO, SUD, CNT et Faen) appellent également à la mobilisation ce mardi, mais sur des revendications plus larges : abrogation du décret sur les rythmes, abandon du projet de loi sur l’école, et amélioration des conditions de travail et de rémunération.

Le SE-Unsa, deuxième syndicat de l’éducation, n’a pas appelé à cette grève qui « amalgame tous les sujets et conduit au maintien du statu quo pour l’Ecole et ses enseignants ». Pour le syndicat, la contestation du projet de loi est « suicidaire » et les problèmes sur les rythmes doivent se régler localement.

1 commentaire sur "37% d’instits grévistes en France, 70% à Paris (chiffres ministère)"

  1. jan.VG  18 février 2013 à 19 h 35 min

    Trop souvent, de nombreux journalistes résument les enseignants du premier degré aux « instituteurs ».
    je me permets de souligner qu’en tant que tels, depuis 1990 et la création du corps des professeurs des écoles, les « instituteurs » constituent une espèce en voie de disparition.

    En effet, parmi les enseignants du premier degré, il ne reste qu’un peu moins de 8.000 (2,5%) instituteurs en France, contre plus de 317.000 professeurs des écoles (PE).

    Je me permets de rappeler que la création de ce corps professionnel avait pour première finalité de reconnaître l’égale dignité (avec depuis ce temps un niveau de formation initiale équivalent) de l’ensemble des enseignants (écoles, collèges et lycées).

    De ce fait, l’appellation « instituteurs » est très réductrice, et pour tout le dire continue à colporter une bonne part du mépris des « vrais professeurs », ceux du second degré, soutenus en cela par leurs soit disantes sociétés savantes ou leurs syndicats, qui n’ont de cesse que de s’assurer que les « primaires, ces incapables prétentieux », ne puissent vivre au même étage qu’eux :

    « Mon bon monsieur, si ces gens-là étaient si intelligents, ils auraient réussi le CAPES ou l’Agrégation », laissant entendre que ce sont des sous-enseignants et d’ailleurs s’ils ont besoin de pédagogie, c’est justement car ils n’ont pas de savoirs.

    Je vous invite d’ailleurs le cas échéant à relire les violentes diatribes envers les enseignants du premier degré produites par les corps d’inspection et les syndicats d’enseignants du second degré, depuis la création de l’école publique (évoqué, dès 1885, par Ernest Lavisse, fidèle li).

    Éventuellement relire :
    – Isambert-Jamati, V. (1985) Les primaires, ces « incapables prétentieux ». In : Revue française de pédagogie. Volume 73 N°1, 1985. pp. 57-65.
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfp_0556-7807_1985_num_73_1_1526

    – Lelièvre C. (2009) L’axe central du contexte historique de la formation des enseignants en question, Carrefours de l’éducation 2/2009 (n° 28), p. 189-198
    http://jean.heutte.free.fr/spip.php?article141

    Je souhaite donc insister sur le fait que pour un journaliste, entretenir en cette distinction en continuant à utiliser le terme « instituteur », revient à entretenir l’idée que les enseignants des écoles ne sont pas de « vrais » professeurs.Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.