La grève du 12 février sera suivie par 58 % des professeurs des écoles, estimait vendredi le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, d’après des prévisions établies à partir des réponses de 82 départements. Selon les départements, les taux de grévistes prévus dans le premier degré varient entre 15 % (dans l’Orne et la Haute-Savoie) et 88 % (dans l’Isère).

Le ministère de l’Education nationale a quant à lui annoncé 29,6 % d’intentions de grève pour le 12 février.

Un report de la réforme à la rentrée 2014 « nécessaire »

« Malgré les efforts des communes, la réforme bafouille dans sa mise en oeuvre, faute de temps, de financements et souvent de concertation locale », a indiqué le Snuipp, déplorant que « cette réforme des rythmes insuffisamment préparée relègue au second plan des sujets essentiels pour une meilleure réussite des élèves : révision des programmes, scolarisation des tout-petits, revitalisation de la maternelle, avenir des RASED, éducation prioritaire, direction d’école ».

Le syndicat a rappelé les propos tenus par le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, qui avait indiqué vendredi lors d’une réunion des IEN que « nous allons commettre des erreurs » et que « nous n’aurons pas les meilleurs rythmes [dès la rentrée de 2013] ». « On fera des choses approximatives. On y reviendra », avait poursuivi le ministre, précisant que « nous avons le temps d’agir ». « C’est bien pour donner à la réforme le temps de réussir, Monsieur le Ministre, que le Snuipp-FSU estime qu’un report à 2014 est nécessaire, ainsi qu’une réécriture du décret« , a affirmé le syndicat, soulignant que « toute modification en 2013 ne peut se faire qu’avec l’accord de toutes les parties prenantes (enseignants, parents et élus) ».

Deux appels à la grève pour le 12 février 2013

Le syndicat avait appelé la semaine dernière les enseignants du primaire à se mobiliser ce 12 février contre l’application de la réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2013. Il réclame son report à la rentrée 2014 afin de « demander une réforme des rythmes réussie pour tous les élèves sur tout le territoire et prenant en compte l’avis des enseignants et des parents ».

Les fédé­ra­tions ensei­gnantes Ferc-CGT, Fnec FP FO, SUD Éduca­tion et CNT avait également lancé un appel à la grève le 12 février, indépendant de celui du Snuipp, pour réclamer l’abandon du pro­jet de loi d’orientation pour l’école.