Person with tablet computer © AKS - Fotolia.com

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Les enfants de maternelle sont des digital natives. L’école doit s’adapter à cette révolution numérique. Des initiatives, encore trop rares, se développent un peu partout en France. Missionnés par leur académie ou francs-tireurs, des enseignants commencent à utiliser les technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE) dès la maternelle, ardoises numériques, tableaux numériques interactifs (TNI) et surtout tablettes tactiles. Simples, intuitives et ludiques, les tablettes offrent un apprentissage plus rapide qu’un ordinateur classique, et ceci dès le plus jeune âge, alors qu’à 3 ou 4 ans, les enfants ont encore des difficultés à utiliser la souris décentrée de l’écran. Les tout-petits, qui aiment la manipulation et l’exploration, sont très réceptifs aux tablettes.

A l’école Albert Camus de Talence, Philippe Guillem fait partie de ces « enseignants-testeurs ». Cela fait deux ans et demi qu’il utilise Twitter et la tablette numérique avec sa classe de maternelle, composée de 20 « grands » et de 8 « moyens ». Le cahier de vie sur tablette a remplacé le traditionnel cahier de vie papier. Tous les soirs, un des élèves ramène la tablette chez lui pour montrer à ses parents les activités faites en classe et tous les jours, la classe publie sur Twitter un message destiné aux parents. L’enseignant accompagne ainsi les petits dans la construction de leur identité numérique. « L’autre jour, un élève a proposé de publier « Alexandre a fait une grosse bêtise ». La classe en a discuté et a finalement décidé de ne pas poster ce message. A 5 ans, ils ont pris conscience du retentissement qu’il aurait pu avoir », raconte Philippe Guillem.

Un outil d’apprentissage comme un autre

A chaque enseignant de définir comment les TICE peuvent s’inscrire dans son projet pédagogique, en apportant un plus. Philippe Guillem utilise surtout la tablette pour l’apprentissage de l’écriture. Il propose à ses élèves des activités variées : fabriquer un petit e-book, par exemple. La tablette est devenue un outil d’apprentissage comme un autre dans la classe, au même titre que les livres, les coloriages ou les jeux de construction. « Maintenant, avant de remettre dans la boule d’argile les sculptures qu’ils ont réalisées à la fin de l’atelier « terre », les enfants les prennent en photo avec la tablette et inscrivent leur prénom en dessous de leur œuvre. A leur âge, c’est plus facile qu’avec un appareil photo, même numérique : l’écran est trop petit. Et cela permet de conserver une trace », explique l’enseignant.

Pour les élèves comme pour les enseignants, l’intérêt des TICE est évident. « Les choses passent très facilement. Les enfants intègrent en deux temps trois mouvements », se réjouit Philippe Guillem. Elles développent l’autonomie, stimulent le langage, la créativité et permettent de faire facilement des choses qu’on ne pouvait pas faire avant.

Les moyens manquent cependant et rares sont encore les classes de maternelle équipées en TICE. Alors les enseignants les plus motivés défrichent, traquent les applications gratuites… « Il faut expérimenter soi-même, sans attendre un éventuel prêt de matériel », conseille Emmanuel Quatrefages, un autre enseignant de maternelle adepte des TICE, à ceux qui seraient tentés de s’y mettre.


Laurène Champalle