Le collectif de professeurs des écoles Dindons de l’Education a invité hier « tous les enseignants du primaire, […]les parents, les associations, les animateurs et toutes les personnes se sentant concernées par la rénovation de l’école à se joindre au mouvement de grève du 12 février prochain« .

Report du décret sur les rythmes scolaires

Le collectif réclame en effet « le report du décret sur les rythmes scolaires pour réécriture car celui-ci n’est pas à la hauteur des enjeux », et dénonce les « conséquences négatives de la réforme » sur les intérêts des élèves.

Pour les Dindons, le décret « n’améliore en rien [les] conditions d’apprentissages » et « alourdit la semaine des enfants sans alléger leur journée ». En effet, dans un décryptage critique des ambitions du texte, ils soulignent que « la semaine sera […] allongée puisque les journées seront aussi longues avec le mercredi matin travaillé en plus ». De plus, le temps hebdomadaire de classe restant de « 24h pour faire le même programme basé sur 26h, les conditions d’accueil » ne seront pas améliorées, écrivent-ils.

Inégalités sur l’organisation du temps périscolaire

Les Dindons craignent également que les 45 minutes de temps périscolaire assumées par les communes, censées être consacrées à des activités éducatives et culturelles, se transforment en temps de garderie. En effet, les collectivités pourront les placer après les cours, de 15h45 à 16h30, mais « beaucoup de communes semblent tentées de placer ce temps suite à la pause méridienne » et « n’auraient alors aucune obligation de mettre en place des activités éducatives », indique le collectif.

De plus, ajoute-t-il, « les activités périscolaires ne seront pas forcément gratuites » et elles « ne seront pas obligatoires ».

Enfin, regrettent les Dindons, certaines collectivités ne proposeront pas de cantine ou d’activités durant la demi-journée de travail supplémentaire.

« Ce chantier n’aurait jamais dû constituer la porte d’entrée du projet de refondation de l’école », affirment les enseignants qui réclament « la réécriture du décret sur les rythmes » et « l’ouverture immédiate de réflexions avec tous les partenaires de l’école sur des points essentiels » : « baisse des effectifs dans toutes les classes », « révision des programmes », « remise en service des RASED » et « formation initiale fondée sur l’alternance théorie-pratique ».