Old classic library with books on table © photogl - Fotolia.com

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Pour Sauvons l’Université, « le gouvernement actuel a tenté de donner le spectacle de l’écoute et de la consultation lors des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche tenues à l’automne 2012. »

Le collectif reproche au gouvernement de reconduire en fait ce que contient la loi LRU, autant en termes de budget qu’en termes de pouvoir du président d’université. Le statut de l’enseignant-chercheur demeure par ailleurs lui aussi inchangé.

La volonté de Geneviève Fioraso de supprimer les PRES  et de créer 30 pôles universitaires de référence au lieu des 150 contrats de sites actuels est, pour Sauvons l’Université, non une simplification administrative, mais un danger pour les universités non fusionnées. Dans cette configuration en effet, ces dernières ne seront pas bien représentées, la « communauté d’universités » étant le seul interlocuteur du gouvernement.

C’est d’ailleurs un des points de mécontentement de la CPU. La Conférence des présidents d’université juge en effet indispensable que « chaque établissement puisse avoir une convention avec l’Etat afin de maintenir [son] indépendance et [sa] propre gouvernance ».

Le Snesup dénonce aussi de son côté « la volonté de créer un nombre restreint de pôles universitaires [qui] s’inscrit dans la mise en compétition économique des territoires organisée à l’échelle européenne. Une démarche qui ne rompt pas avec la logique ‘néolibérale’ de la loi sur l’autonomie des universités » .

Une formation de moins en moins disciplinaire

Autre point noir : Sauvons l’Université alerte sur le fait que le projet de loi risque de porter préjudice aux disciplines. La volonté de rendre plus généralistes les licences est nuisible au « rapport enseignement/recherche ». Le projet met l’accent « sur le bloc lycée/premier cycle avec ce que cela induit du point de vue de la dissolution des disciplines dans un magma pluridisciplinaire dont les deux seuls objectifs semblent être d’augmenter le nombre de reçus à la licence ». Dans un tel contexte, quid du devenir des UFR, précisément disciplinaires ?

Ce risque se répercutera naturellement sur la formation des enseignants : « la destruction de l’ancrage disciplinaire de la formation s’amplifie de facto puisque la seule véritable sanction restera celle du concours : la licence sera donc le point d’aboutissement de la formation disciplinaire pour les futurs enseignants, alors même qu’une part importante de ‘pluridisciplinarité’ y est introduite ». Le master étant réservé lui désormais à la validation des compétences plus pédagogiques.

Cet aspect est souligné également par Philippe Bourdin, président de la 22e section du CNU dans sa lettre du 29 janvier à Geneviève Fioraso : « Les actuelles révisions des maquettes des licences et des concours […] nous inquiètent par leur faible inscription disciplinaire. Cette faiblesse semble entérinée par le caractère indifférencié des premières années de licence ».

Plusieurs motions et communiqués émanant aussi bien des syndicats que des composantes universitaires, ont été déposés contre le projet de loi.

Dans ce contexte, SLU appelle à ne pas élaborer ni transmettre les maquettes en vue de la réforme de la formation des enseignants.