Projet de loi pour l’enseignement supérieur : « avec la gauche, le mot excellence doit être banni » (V. Pécresse)

L'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a fustigé ce matin le projet de loi pour l'université et la recherche, estimant notamment qu'il "porte en germe la mort de l'autonomie".

Valérie Pécresse, ex-ministre de l’Enseignement supérieur, critique vivement dans une interview publiée ce matin par Le Monde le projet de loi pour l’université et la recherche, qui signe, selon elle, « la mort de l’autonomie ».

« Logique d’égalitarisme »

L’ex-ministre estime que ce projet est un grand bond en arrière. « Nous avions lutté contre le repli, l’entre soi universitaire pour ouvrir l’université vers le monde extérieur, vers le monde économique, […]or, aujourd’hui l’Etat reprend le pouvoir et diminue les budgets », déplore-t-elle, citant notamment « la volonté de Geneviève Fioraso de faire nommer les personnalités qualifiées par le recteurs et d’uniformiser les statuts et les structures ».

Pour Valérie Pécresse, le projet de loi est sous-tendu par une « logique d’égalitarisme ». « Avec la gauche le mot excellence doit être banni », dénonce-t-elle, estimant que « si le mot excellence est prohibé à l’université alors il n’y aura jamais de rapprochements entre les grandes écoles et les universités ».

La suppression de l’Aeres « très inquiétante »

L’ex-ministre constate également que « les universités n’auront plus le droit d’être un grand établissement comme l’ont choisi Dauphine à Paris ou l’université de Lorraine ». Bien que la réussite des étudiants soit au coeur du projet de loi, Valérie Pécresse juge que « le sujet n’est pas seulement la réussite des étudiants mais la réussite de université elle-même », affirmant que « les jeunes français choisiront l’université si elle leur offre l’excellence ».

Enfin, elle regrette la suppression « très inquiétant[e] » de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres) dans le projet de loi, soulignant que si « l’Aeres avait des défauts, il fallait l’améliorer ». Elle craint désormais de partir  » pour des années sans une évaluation efficace et indépendante avec un risque de mise sous tutelle des universités par le CNRS ».

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