Portrait type de l' »alterscientifique »

Ils ont étudié la science, sont brillants, et pourtant ils dénient avec acharnement les grandes avancées scientifiques. Ce sont les "alterscientifiques". Le Monde dresse leur portrait, à l'occasion de la sortie du livre d'Alexandre Moatti, qui a créé ce concept.

Couv Alterscience

Le Monde propose, dans un article très intéressant, intitulé « Alterscientifiques : des polymathes allergiques à l’abstraction mathématique » un portrait de ce que l’on appelle un « alterscientifique ». Il s’inspire pour cela du livre « Alterscience. Postures, dogmes, idéologies » d’Alexandre Moatti, paru le 17 janvier chez Odile Jacob. Alexandre Moatti est ingénieur en chef des Mines, chercheur associé en histoire des sciences et des idées à l’université Paris-VII-Denis-Diderot. Il a forgé le concept d' »alterscience ».

Le livre d’Alexandre Moatti pose la question suivante : « Pourquoi des personnes formées à la science en viennent-elles à adopter une attitude en opposition virulente à la science de leur époque ? ».
L’article du Monde détaille ainsi le profil type des alterscientifiques. Tout d’abord, ils sont tous scientifiques – médecins, ingénieurs ou chercheurs – et s’opposent à la science, en s’en prenant à « ses théories les plus établies telles l’héliocentrisme, le darwinisme, la relativité d’Albert Einstein, la mécanique quantique »… Ils ont par ailleurs un certain âge, peuvent être célèbres, comme « Maurice Allais, prix Nobel d’économie, polytechnicien et pourfendeur d’Einstein », et sont très têtus. Et leurs motivations sont parfois bassement politiques.

Des « malsavants »

Dans un autre article, « Casseurs de science, une histoire des malsavants« , Le Monde revient sur l’histoire de ces « déviants » scientifiques. On peut lire ainsi qu’Auguste Lumière « a viré alterscientifique, contestant le caractère contagieux de la tuberculose » et « critiquant vertement l’Académie des sciences ». Les alterscientifiques veulent remplacer « des théories par d’autres, comme le fait la science habituelle », mais ils le font « au mépris de la méthode scientifique et de son mécanisme » analyse Gilles Dowek, directeur de recherche à l’Inria, cité dans l’article.

En conclusion, l’alterscience et le déni systématique d’une avancée scientifique, toujours d’actualité, peuvent causer bien des dégâts. « L’alterscience n’est pas un humanisme. Au contraire, la science, vue comme une manière de faire avancer la connaissance, est un humanisme » déclare, dans un entretien au Monde, Alexandre Moatti.

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