Loi de refondation pour l’école : le détail du projet

Vincent Peillon présente aujourd'hui en Conseil des ministres son projet de loi pour la refondation de l'école. Le ministère de l'Education nationale a rendu publiques les grandes orientations et les mesures-clés de ce projet.

Massivement rejeté par le CNESER, puis approuvé avec « réserve » par le CESE début décembre, le projet de loi pour la refondation de l’école de Vincent Peillon est aujourd’hui présenté en Conseil des ministres.

Le ministère de l’Education nationale a publié un document de présentation du projet, qui s’articule autour de 7 axes principaux :

La mise en place d’une « nouvelle formation initiale et continue » pour les enseignants

C’était l’une des ambitions principales de Vincent Peillon : restaurer une formation initiale et continue de qualité pour les enseignants. Dans cette optique, le projet de loi confirme que les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) ouvriront bien leurs portes à la rentrée 2013.

La formation dispensée dans les Espé sera organisée autour de quatre composantes : « des enseignements disciplinaires ; un tronc commun comprenant notamment une approche générale de la pédagogie et de la didactique et des enseignements relatifs à la vie de l’établissement […] ; une spécialisation en fonction du métier choisi par l’étudiant ; des enseignements orientés vers la pratique professionnelle, incluant des séances permettant de se familiariser aux situations et activités de classe et, surtout, de nombreux stages en établissement scolaire (d’observation d’abord, puis de pratique accompagnée et, enfin, en responsabilité) ». L’objectif principal de cette réforme ? La « professionnalisation de la formation », permise par « l’implication de professionnels de l’enseignement scolaire ».

La priorité à l’école primaire

La priorité accordée au primaire se traduira par l’attribution de moyens supplémentaires au premier degré, notamment humains : « Deux tiers des nouveaux postes d’enseignants titulaires qui seront créés durant le quinquennat » y seront consacrés, dont 7 000 pour le dispositif « Plus de maîtres que de classes » et 3 000 pour l’accueil en maternelle des enfants de moins de 3 ans dans les zones défavorisées (secteurs de l’éducation prioritaire, secteurs ruraux isolés et régions d’outre-mer). Une « formation spécifique à l’enseignement en maternelle » sera intégrée aux enseignements dispensés dans les Espé, et un cycle unique englobant les petite, moyenne et grande sections de maternelle sera créé.

L’entrée de l’école dans « l’ère du numérique »

Le projet de loi prévoit la mise en place « d’une éducation au numérique », grâce à l’intégration dans les programmes d’enseignement d' »une formation à l’utilisation des instruments et ressources numériques », dispensée « de l’école primaire au lycée ».

Un « service public de l’enseignement numérique » sera également créé, proposant aux enseignants « des ressources pédagogiques, des contenus et services destinés à leur formation initiale et continue, ainsi que des outils de suivi de leurs élèves et de communication avec leur famille ».

Un pan réservé au numérique sera également prévu dans l’enseignement dispensé aux professeurs dans les Espé. Ils apprendront notamment à « maîtriser les outils sur le plan technique », mais aussi comment « mettre le numérique au service des apprentissages en classe », ou « créer des ressources pédagogiques adaptées aux élèves ».

L’évolution du « contenu des enseignements »

Le projet de loi créé le Conseil supérieur des programmes, instance consultative chargée de formuler « des propositions sur le contenu du socle et des programmes », qui seront repensés. Les programmes intègreront notamment trois nouveaux enseignements : éducation au numérique, éducation artistique et culturelle et enseignement moral et civique. En outre, le projet de loi instaure l’enseignement obligatoire d’une langue vivante dès le CP.

La « progressivité des apprentissages de la maternelle au collège »

Le projet de loi réorganise les cycles d’enseignement, en créant un cycle unique pour toutes les sections de maternelle et en instaurant un nouveau cycle CM2-6e pour « assurer une meilleure continuité pédagogique entre l’école et le collège ».

La réussite de tous dans le second degré et l’insertion dans la vie professionnelle

Le principe de « collège unique » est réaffirmé : les dispositifs d’orientation précoce mis en place par le précédent gouvernement « au motif de traiter la difficulté scolaire » (et notamment la loi Cherpion) seront supprimés. Des « enseignements complémentaires au tronc commun » seront proposés et prépareront à une formation professionnelle à partir de la 3e.

Le projet de loi rend également obligatoire la poursuite d’étude jusqu’à un niveau « reconnu par un diplôme national ou un titre professionnel de niveau V ».

L’amélioration de l’évaluation du système éducatif et le renforcement des partenariats avec l’école

Un Conseil national d’évaluation du système éducatif, chargé « d’évaluer l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire » sera constitué. Il sera composé de « deux députés et deux sénateurs, deux membres du Conseil économique, social et environnemental désignés par son président et huit personnalités choisies pour leur compétence en matière d’évaluation ou dans le domaine éducatif », désignés pour 5 ans.

En outre, le projet de loi prévoit l’organisation d’activités périscolaires « prolongeant le service public d’éducation » dans le cadre d’un Projet éducatif territorial.

1 commentaire sur "Loi de refondation pour l’école : le détail du projet"

  1. Boleck  26 janvier 2013 à 8 h 27 min

    Mille fois d’accord pour l’enseignement d’une langue vivante dès le CP. Mais deux questions -fondamentales- se posent :
    1) Par qui ? Le professeur de la classe ? Et s’il n’est pas formé ou habilité, des étudiants, des profs du second degré ? Qui paye ces enseignants de langue ?
    2) Va-t-on arrêter la croissance de l’impérialisme de l’anglais ? Quid de l’allemand ? Ou de la « langue du voisin » (néerlandais pour les gens du nord, espagnol ou italien pour ceux du sud) ?Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.