couverture revue Nature 3 janvier 2013

Couverture de la revue "Nature" du 3 janvier 2013.

Neil Ibata est un lycéen strasbourgeois de 15 ans, dont le père, Rodrigo Ibata, travaille à l’Observatoire astronomique de Strasbourg. Mettant à profit ses compétences en programmation pour aider son père à modéliser les galaxies naines qui gravitent autour de la galaxie d’Andromède, il a découvert que celles-ci formaient un cercle – une découverte qui leur a valu une publication en couverture de la prestigieuse revue scientifique britannique Nature du 3 janvier 2013.

Neil Ibata cosigne l’article avec son père et une quinzaine d’astronomes et de scientifiques internationaux renommés. « J’ai joué avec les données que l’équipe de mon père avait mesurées, c’est-à-dire la distance et la vitesse de ces galaxies naines, a expliqué le lycéen à la radio régionale France Bleu Alsace. Mon père a commencé à m’enseigner les maths et la physique quand j’avais cinq-six ans, et ça m’a toujours passionné. »

Une découverte majeure et inattendue

Ce lycéen en 1ère S au lycée international des Pontonniers à Strasbourg ne s’attendait pas forcément à un départ aussi fulgurant de sa carrière de scientifique. « J’ai appris l’an dernier à programmer en langage Python, très utilisé dans les jeux vidéo. Et j’ai fait ce projet à la fin de l’été dernier sans m’attendre du tout à ça. »

La découverte est d’importance. Si la présence de galaxies naines autour de plus grandes galaxies, comme Andromède ou la Voie Lactée, est connue depuis longtemps, les astronomes les imaginaient indépendantes les unes des autres, explique le CNRS. Cette étude révèle qu’en fait, autour de la galaxie d’Andromède, « la majorité d’entre elles sont organisées en une gigantesque structure aplatie de plus d’un million d’années-lumière de long, en rotation sur elle-même ».

« C’est inattendu, commente Rodrigo Ibata, car on pensait que les galaxies naines étaient les restes de la formation des grandes galaxies, notamment par accumulation de matière noire apportée par les galaxies naines. » Ces travaux pourraient donc remettre en cause des théories majeures, comme celle de la gravité, ou l’état actuel des connaissances sur la matière noire.

A lire aussi : nos autres articles sur le thème de l’espace