Geoffroy Didier, co-fondateur de La Droite forte, motion vainqueur du Congrès de l’UMP 2012, a affirmé le 27 décembre que la suppression du droit de grève des enseignants était « tout à fait constitutionnel[le] ».

La Droite forte avait déjà prôné il y a quelques mois la création pour les professeurs « d’un sta­tut spé­cial inter­di­sant le droit de grève« . Interrogé sur la constitutionnalité de cette proposition sur France Inter, Geoffroy Didier a affirmé que « chacune [des propositions de la Droite forte] est le résultat d’un travail, de groupes de travail, de militants, d’experts ». « Nous avons consulté un constitutionnaliste qui nous a précisément expliqué que c’était tout à fait constitutionnel et d’ailleurs cela existe déjà pour d’autres corps de fonctionnaires, les policiers, les magistrats » a-t-il indiqué.

Or, les constitutionnalistes cités par le blog Désintox de Libération affirment le contraire. Ainsi, pour Guy Carcassonne, spécialiste du droit constitutionnel, la disposition est « absurde » : « le droit de grève est constitutionnellement protégé. Il peut être réglementé, limité parfois par les lois, mais il ne peut être interdit. Sauf s’agissant des fonctionnaires dont la grève met en danger la sécurité », explique-t-il.

« L’éducation est un service public classique, une tentative d’interdiction serait forcément cassée par le Conseil constitutionnel » confirme Pascal Jan, de l’IEP de Bordeaux.

Geoffroy Didier n’a pas souhaité communiquer le nom du constitutionnaliste consulté par La Droite forte, expliquant qu' »il ne souhaite pas être cité pour le moment. Mais nous le ferons venir ainsi que plusieurs experts pour évoquer le sujet lors des conventions thématiques que nous allons organiser en 2013″, promet-il.