Salaires enseignants : « la revalorisation a lieu, mais sur des objectifs pédagogiques » (Peillon)

Vincent Peillon a estimé jeudi que la revalorisation salariale des enseignants avait déjà eu lieu cette année, "sur des objectifs pédagogiques".

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a estimé jeudi sur France Inter que « les salaires des enseignants avaient déjà été revalorisés cette année », sur des « objectifs pédagogiques ».

Une question qui « doit être posée »

Interrogé à propos d’une éventuelle revalorisation salariale des enseignants, Vincent Peillon a rappelé que l’argent n’était pas la motivation première des professeurs. « Souvent les journalistes pensent que l’argent est le premier motif [d’exercice de la profession], or ce n’est pas le premier motif. Il y a aussi le dévouement, l’intérêt, la considération, la tâche démocratique qu’on exerce », a-t-il estimé, admettant toutefois que « cette question doit être posée ».

« Il y aura une discussion qui peut prendre un, deux, trois ans. Il peut y avoir des conséquences salariales, un changement des obligations de service. Mais d’abord, il faut penser comment on exerce ce métier au mieux, et comment on arrive à faire réussir nos enfants », a affirmé le ministre.

Des salaires « déjà revalorisés cette année »

Vincent Peillon a en outre indiqué que « les salaires des enseignants ont déjà été revalorisés cette année », avec la réforme de la formation des professeurs et la mise en place des emplois d’avenir. En effet, en restaurant l’année de formation des enseignants, « nous allons payer les professeurs [qui exercent] à mi-temps à plein temps, et donc il y a une revalorisation de plusieurs centaines d’euros qui vient d’être faite », a-t-il expliqué. Et avec les emplois d’avenir professeur, « nous allons permettre à des étudiants à partir de la 2e année d’être payés pour devenir professeurs ; c’est une revalorisation, a estimé le ministre. La revalorisation a lieu mais sur des objectifs pédagogiques ».

24 commentaires sur "Salaires enseignants : « la revalorisation a lieu, mais sur des objectifs pédagogiques » (Peillon)"

  1. EddyS  14 décembre 2012 à 14 h 24 min

    Certes « l’argent n’est pas la moti­va­tion pre­mière des pro­fes­seurs ». Tout le monde (y compris les journalistes) le sait, et notre ministre n’a pas cru un instant que quiconque a jamais été attiré par le salaire de ce métier… Cette rhétorique est un peu dérangeante. Ce n’est tout de même pas le même gouvernement (de gauche) qui va assurer un salaire mensuel de 4600 € aux médecins libéraux et, en même temps, refuser une augmentation légitime des salaires des enseignants ? Le même gouvernement ? de gauche ? Dire qu’il y aura sans doute (un jour) une revalorisation salariale, mais accompagnée d' »un chan­ge­ment des obli­ga­tions de ser­vice » n’est pas une réponse satisfaisante. Quelle différence entre ce projet (travailler plus) et celui du gouvernement précédent ? Un chan­ge­ment des obli­ga­tions de ser­vice, soyons clairs, c’est une baisse du salaire horaire…Signaler un abus

    Répondre
  2. Anthony  14 décembre 2012 à 14 h 29 min

    Le ministre oublie de dire que parallèlement à la mise en place des emplois d’avenir professeur (accessibles pour les étudiants entre la 2ème année de licence à la 1ère année de Master), il a supprimé cette année le dispositif de bourses spécifiques qui était versé jusque là aux étudiants en 2ème année de Master, alors que cette année, ces étudiants ne bénéficient pas encore des stages à mi-temps rémunérés… Ces étudiants en période charnière sont donc pénalisés, ce n’est pas un très bon signal envoyé aux futurs candidats…Signaler un abus

    Répondre
  3. Marina  14 décembre 2012 à 15 h 37 min

    Les salaires ont été revalorisés ??
    Rémunérer les professeurs stagiaires, comme cela existait dans le passé, fait augmenter la part de budget consacré aux salaires, certes. Mais en quoi cela change-t-il la rémunération des enseignants en poste ?
    Nos salaires sont gelés depuis au moins trois ans. Le SMIC augmente, pas nos points d’indices.
    Avec cet abaissement progressif de notre niveau de rémunération, je viens d’apprendre que je gagnais autant après quelques années d’expérience qu’un jeune venant d’obtenir le CAP de soudeur ! Pourquoi faire des études ?
    L’argent n’est peut-être pas la motivation première des enseignants mais on n’a pas fait vœu de pauvreté, sinon, on serait entré dans les ordres ! Et en plus, on est obligé d’acheter une grande part du matériel pédagogique qu’on veut utiliser sur notre argent personnel si on veut que les élèves travaillent au mieux. Monsieur Peillon parle également de la considération que l’on gagnait en exerçant ce métier : peut-être celle des parents, mais pas celle de notre hiérarchie, ça c’est sûr…Signaler un abus

    Répondre
  4. Gerard des V  14 décembre 2012 à 16 h 24 min

    Décidément, plus ça va, pire c’est !
    M Peillon prend les enseignants pour des C….
    Nous passer de la pommade en soulignant notre « dévouement, l’intérêt, la consi­dé­ra­tion, la tâche démo­cra­tique » pour justifier les miettes d’une revalorisation « sur des objectifs pédagogiques » – il fallait la trouver celle-là ! – …qu’en tant que pédagogues on ne pourrait qu’applaudir bien sûr !…

    Conclusion : enseignants en poste, réjouissez-vous, les nouveaux enseignants seront mieux rémunérés grâce à votre haut sens du devoir et votre altruisme …

    Après de telles déclarations, je crains le pire pour la « refondation de l’école »…Signaler un abus

    Répondre
  5. Callipôloscles  14 décembre 2012 à 17 h 17 min

    Monsieur Peillon fait de la rhétorique. Il connaît ses textes! Il essaye de nous persuader que nos salaires ont déjà été revalorisés. Et il nous flatte en louant nos qualités pédagogiques pour mieux nous désarmer si nous revendiquons une hausse réelle de nos salaires. Un auteur ancien nous avait déjà expliqué que la rhétorique est l’instrument du politique. Nous aussi nous connaissons nos textes. Monsieur le ministre de l’éducation nationale fait de la politique.Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.