Campagne de recrutement des enseignants : « Nous avons besoin de nouveaux hussards noirs »

Vincent Peillon et Geneviève Fioraso ont lancé ce matin la campagne 2013 de recrutement des enseignants : quelque 40.000 postes sont à pourvoir dans les deux ans.

Geneviève Fioraso Vincent Peillon campagne recrutement enseignants« Je suis venu dire à tous les étudiants : « La France a besoin de vous » ». Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, accompagné de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a lancé ce matin à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 une nouvelle campagne de recrutement des enseignants, en présence d’environ 400 étudiants et acteurs du monde éducatif. Cette campagne est intitulée « Ambition Enseigner ».

Pour Vincent Peillon, « il n’y a pas de crise des vocations ». Il cite à l’appui un sondage commandité par son ministère et dévoilé ce matin, selon lequel 81% des Français ont une image positive du métier d’enseignant, et 76% d’entre eux souhaiteraient que leurs enfants deviennent enseignants.

Plus de 40.000 enseignants seront recrutés pour les rentrées 2013 et 2014 via les concours externes de l’Education nationale (22.100 postes ouverts cette année, et 21.350 en 2014), un pas décisif vers les 60.000 créations de postes promises par François Hollande sur la durée de son quinquennat. Ces 60.000 postes s’ajouteront aux remplacements des départs à la retraite, pour un total de quelque 150.000 recrutements dans les cinq ans.

Se défendant de toute « approche quantitative » des problèmes du système scolaire, le ministre rappelle que ces recrutements permettront par exemple de développer la scolarisation des moins de 3 ans, facteur d’égalité des chances dans les territoires défavorisés; de permettre des remplacements plus fréquents en cas d’absences de professeurs, en Seine-Saint-Denis notamment; et de restaurer une véritable formation pour les enseignants, car 27.000 postes y seront affectés.

Le calendrier des concours

Pour les étudiants, le déroulement des concours des prochaines années n’est pas facile à appréhender. Les sessions 2013 et 2014 constituent une période de transition vers le nouveau système de formation et le concours en fin de M1.

  • Concours 2013 : épreuves d’admissibilité passées cet automne, épreuves d’admission en juin 2013. En poste à la rentrée 2013. Formation : décharge de 3 heures par semaine.
  • Concours 2014 : épreuves d’admissibilité en juin 2013, épreuves d’admission en juin 2014. En poste à la rentrée 2014. Concours ouvert aux M1 et M2. Les candidats admissibles en juin 2013 se verront proposer un contrat pour effectuer des stages en responsabilité (tiers-temps de service rémunéré à hauteur d’un mi-temps). Ils pourront bénéficier de modules de formation et de spécialisation dispensés par les ESPE, ouvertes à la rentrée 2013.
  • Concours 2015 : les premiers étudiants formés dans les ESPE auront passé le concours en fin de M1 (admission + admissibilité) en 2014. Rémunérés à plein temps en tant que fonctionnaires pendant leur année de M2, ils se spécialisent pendant cette année d’étude selon leur niveau d’enseignement, avec de nombreux stages pratiques en responsabilité, pour une prise de poste à la rentrée 2015.

Seul le calendrier est modifié, la nature des épreuves restent inchangées.

Pour la jeunesse

Grâce à ces enseignants plus nombreux et mieux formés, les ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale veulent respecter l’engagement du président François Hollande de placer la jeunesse au coeur de son quinquennat. Les millions d’enfants scolarisés sont « la France de demain », rappelle Vincent Peillon.

Il appelle à restaurer un enseignement qui serait moteur de l’ascenseur social : « Nous avons besoin de nouveaux hussards noirs« , affirme-t-il. Le dispositif des emplois d’avenir professeur, qui permettra à 18.000 étudiants d’origine modeste de poursuivre des études de professorat tout en étant rémunérés, se veut un exemple de cette « promesse républicaine » que le ministre veut ressusciter.

14 commentaires sur "Campagne de recrutement des enseignants : « Nous avons besoin de nouveaux hussards noirs »"

  1. moi  12 décembre 2012 à 18 h 38 min

    Des hussards sans le sou, en burn out, lâchés par leur hiérarchie ? des candidats au suicide oui … M. Peillon se trompe d’époque.Signaler un abus

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  2. aurelien  14 décembre 2012 à 14 h 17 min

    En effet, les jeunes deviendront profs quand le métier sera un peu plus valorisé. Et oui, le salaire est aussi important, il n’y a pas que le dévouement et l’idéal d’un métier démocratique. Je suis cadre dans la fonction publique (donc payé comme un fonctionnaire c’est à dire moins que dans le privé) et je passe le concours pour devenir enseignant du primaire en septembre 2013 : résultat je perds 450 € de salaire mensuel… Et bien, ça fait rêver ce métier. Je ne vais pas me plaindre, mais – 450 € par mois, ça fait mal, même si je ne fais pas ce métier pour être riche…!Signaler un abus

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  3. alaindaix  15 décembre 2012 à 11 h 11 min

    Dans l’enseignement technique (divisé artificiellemnt en enseignement technologique et enseignement professionnel !), les « hussard noirs » étaient les PTA (professeurs technique adjoints) recrutés sur la base d’au moins 5 ans d’expérience professionnelle en entreprise, puis formés dans les CFPTA. Ils pouvaient devenir PT (profeseurs techniques dans leur spécialité) puis certifiés par inspection de titularisation, ou agrégés par concours. Ce mode de recrutement de professionnels capables de transmettre leur métier a été abandonné. On a alors signé l’arrêt de mort de l’enseignement technique ! Si les Master 2 n’ont jamais travaillé en responsabilité (au moins 3 ans, avec prise de risque sur leur emploi) dans une entreprise, ils ne seront jamais aptes à formar des jeunes performants sur le marché du travail.Signaler un abus

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  4. Lore -en passe de faire une depression-  15 décembre 2012 à 12 h 45 min

    Ah mais moi je veux devenir prof ! Mais après une licence, une année à devoir bosser car la réforme de la masterisation n’était pas encore mise en place, puis deux ans de master en alternance avec une classe un jour par semaine (joie !), puis les écrits fin septembre 2012 et une année à bosser en attendant les oraux de fin mai 2013 (puisque le calendirer vient d’être avancé d’un mois – bousillant nos plannings de révisions au passage)… Avec un nombre de places au concours très limité (150 pour la Lorraine, 180 pour l’Alsace… et dans les 900 candidats).
    Faut avoir les nerfs très solides. Je connais des dizaines de personnes dans mon cas, dont beaucoup sont AVS et gagnent à peine 600 euros par mois (pour 25h/semaine), en attendant de pouvoir enseigner… mais pour avoir un pied dans l’école.

    Il existe des jeunes motivés : on ne leur facilite pas la tâche, et on se demande limite si on ne leur met pas des bâtons dans les roues. C’est un fort sentiment en tout cas.Signaler un abus

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  5. MS  19 décembre 2012 à 16 h 17 min

    N’y allez pas !!!
    Nos trois seuls avantages, c’étaient : 1) la sécurité de l’emploi. 2) le mercredi libéré (pour faire le travail dit « invisible », mais libéré quand même). 3) les vacances confortables.
    Or, un ministre (de gauche !!) attaque 2 de nos avantages sur 3 ! Alors franchement, si j’avais encore 25 ans, et un master en poche… J’irais faire autre chose !Signaler un abus

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