9,14 % des enseignants débutants sont en situation de burnout, c’est-à-dire d’épuisement professionnel. C’est ce qui ressort d’une étude datée de novembre 2012 sur « le stress du métier d’enseignant », menée par le laboratoire de psychologie et le laboratoire culture éducation de Bordeaux-Segalen, le laboratoire de psychologie de l’université de Franche-Comté et l’IUFM d’Aquitaine. Dans le cadre de l’étude, 744 enseignants débutants du public ont été suivis de leur année de formation en IUFM à leur 2e année d’exercice.

L’étude caractérise le burnout par la manifestation de 3 symptômes à un niveau élevé : « l’épuisement émotionnel »(1), la « dépersonnalisation »(2) et le sentiment de ne plus être accompli dans son travail.

56,8 % des enseignants font preuve de dépersonnalisation

Si 9,14% des enseignants cumulent les scores élevés sur les 3 symptômes du burnout, 46,8 % présentent un niveau d’épuisement émotionnel important et 56,3 % obtiennent un score de dépersonnalisation élevé. En revanche, seuls 11 % ne se sentent plus accomplis dans leur travail.

Les professeurs des écoles sont plus touchés par l’épuisement émotionnel : ils sont 54,8 % à le ressentir à un niveau élevé. En outre, ils sont aussi plus enclins à cacher leurs émotions négatives et afficher des émotions positives (« adaptation émotionnelle ») que les professeurs de lycée et de collège.

Une évolution ascendante des symptômes

L’enquête met également en évidence une évolution de la dépersonnalisation et de l’épuisement émotionnel « ascendante », « constante » et « linéaire » dans le temps, « quels que soient les sujets ». Concernant l’évolution de l’accomplissement professionnel, elle dépend, selon l’étude, de la réprésentation que se fait l’enseignant de son métier. « Plus l’enseignant se représente le métier à caractère social et moins il le considère comme difficile, plus il a un accomplissement personnel élevé », précise l’enquête.

Pour protéger les enseignants « d’un épuisement professionnel à risque pour la santé, mais aussi de leur permettre de développer une relation de qualité avec leurs élèves, condition nécessaire à l’apprentissage », les auteurs préconisent de développer « une formation spécifique aux enseignants tournée vers le travail émotionnel ». Car les enseignants débutants ne sont pas les seuls à être touchés par le burnout : une étude menée l’année dernière par Georges Fotinos et José-Mario Horenstein révélait que 17 % des profs souffraient d’épuisement professionnel.