Le Snesup-FSU, le Snetap-FSU et le Snep-FSU ont dénoncé jeudi dans un courrier adressé aux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur « la précipitation avec laquelle le gouvernement mène la réforme » de la formation des enseignants, et réclamé « du temps » avant son entrée en vigueur.

Un calendrier « irréaliste »

« L’annonce faite lors du comité suivi master, ce jeudi 29, de publication de la loi [d’orientation pour l’école] en juillet, décret d’application en août pour entrée en vigueur en septembre 2013 est irréaliste », ont-ils estimé, pointant du doigt « les incertitudes » des contenus de la réforme.

« Une commission mixte MEN-MESR, issue des instances (Cneser, CSE…) doit s’emparer très vite du sujet sur la base d’un état des lieux chiffré des besoins, des potentiels et des viviers par discipline ou/et académie », ont-ils jugé.

En outre, le dispositif transitoire des concours enseignants 2013-2014 « engendre une désorganisation », ont affirmé les syndicats. Il impose notamment une modification « dans l’urgence » des maquettes de M1 « pour inclure une préparation à l’écrit, supprimant ce qui est lié à la recherche et/ou aux stages, en contradiction avec l’ambition affichée d’une formation professionnelle universitaire ».

De plus, la pérennisation d’un concours en M1 obligerait « à une nouvelle révision des maquettes de M1 pour septembre 2013, de M2 pour la rentrée 2014 », entraînant « la réorganisation des stages tout en ignorant la nature des épreuves de concours, qui pourtant piloteront en grande partie les masters », ont-ils déploré.

« Prendre du temps » pour construire la réforme, un « choix raisonnable »

Les syndicats ont également cité d’autres modalités de la formation des enseignants devant entrer en vigueur à la rentrée 2013 : « l’aménagement des maquettes de L2 et L3 en cours d’année universitaire pour les 6 000 emplois d’avenir professeurs dont 3 000 qui entreront en fonction dès janvier », l’ouverture des Espé et le recrutement de leurs personnels, ou encore la « réouverture de formations pour attirer de nouveaux étudiants ».

« Nous vous demandons de faire le choix raisonnable de prendre le temps de construire avec les personnels et leurs représentants le processus indispensable pour parvenir à construire une réforme qui allie besoins de recrutements et qualité de la formation », ont-ils écrit.