A l’occasion des Journées philosophiques de l’Unesco (14-15 novembre 2012), Michel Tozzi, professeur émérite des universités en sciences de l’éducation à l’université Montpellier 3, a procédé à une démonstration de la méthode Connac-Delsol-Tozzi de philosophie avec les enfants – aussi appelée « Discussion à Visée Démocratique et Philosophique » (DVDP) – avec une classe de CM2 de l’école La Source de Meudon. Le thème de cet atelier philosophique était la violence.

La méthode Tozzi nécessite d’attribuer des rôles aux élèves participants : un président de séance qui distribue la parole, un secrétaire qui prend en note les arguments du débat, un reformulateur, des philosophes, et deux observateurs chargés de vérifier que chacun remplit son rôle de la manière attendue. Ces rôles peuvent changer au cours de l’atelier, pour permettre à chacun de prendre la parole.

« Un enfant peut commencer à réfléchir quand il commence à parler »

« Nous avons mis au point une méthode où l’enseignant n’intervient pas sur le fond mais intervient sur les exigences philosophiques, explique Michel Tozzi. L’originalité, c’est d’avoir deux visées : une visée démocratique qui s’inspire de la pédagogie institutionnelle, et qui va donner aux élèves un certain nombre de fonctions pour organiser le débat; et une visée philosophique, qui va consister à mettre en oeuvre un certain nombre de processus de pensée, qui sont autant d’exigences intellectuelles. Apprendre à poser des questions, apprendre à définir des notions, à faire des distinctions conceptuelles… et puis argumenter ce que l’on dit. »

Si pour cette fois la discussion a eu lieu avec des élèves de CM2, il est possible, selon Michel Tozzi, de commencer cet apprentissage de la pensée autonome beaucoup plus tôt : « il n’y a pas de préalable pour commencer à réfléchir, affirme-t-il. Un enfant peut commencer à réfléchir quand il commence à parler, puisque parler, c’est déjà donner forme au monde. »

Ces sessions de discussion philosophiques ont de nombreux avantages pour les enfants, à commencer par l’acquisition d’une plus grande estime de soi, dans la mesure où on le considère moins comme un enfant que comme un individu à part entière, en lui donnant l’occasion d’exprimer ses idées et ses pensées.

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