Rythmes scolaires : « rien ne serait plus inefficace que de se contenter de supprimer la semaine de 4 jours » (C.E.D.R.E)

Dans un courrier publié samedi, le Collectif des élus démocrates et républicains à l’éducation (CEDRE) interpelle Vincent Peillon sur la réforme des rythmes scolaires. Il rappelle que le retour à la semaine de 4,5 jours doit nécessairement s'accompagner d'une réflexion sur les programmes scolaires, le temps de service des enseignants et les politiques éducatives locales des communes. Extraits.

Chris Campbell/Flickr

Monsieur le ministre de l’Education nationale,

A quelques jours de vos arbitrages définitifs sur la refonte des rythmes éducatifs, le collectif d’élus C.E.D.R.E souhaite aujourd’hui vous interpeller sur le devenir de ce dossier ouvert depuis de longues années. La réforme annoncée des rythmes scolaires, après la phase utile de concertation et la remise du rapport, est sur le point d’être présentée aux Français afin de préparer au mieux la rentrée de septembre 2013 « pour rompre avec la semaine de 4 jours ».

De nombreuses personnes ont participé aux travaux de la concertation, beaucoup d’entre elles ont souligné que l’intérêt de l’enfant et de l’élève devait « nécessairement primer sur les considérations matérielles et financières ».

Rien ne serait plus inefficace que de se contenter de supprimer la semaine de 4 jours pour rétablir un nouveau calendrier annuel et hebdomadaire dans lequel le retour au mercredi matin scellerait les débats pour l’éternité. L’occasion nous est donnée aujourd’hui d’aller beaucoup plus loin puisque la question des rythmes pose aussi de nombreux autres sujets liés aux apprentissages, aux lieux de travail ou encore à la place des collectivités sur l’acte éducatif. La question du temps scolaire ne peut être déconnectée de celle des programmes qui méritent d’être revus au regard des critiques sur le socle commun et de la manière de considérer tout le temps passé à l’école.

Il nous faut entendre sur ce point la position des enseignants ainsi que leurs attentes en termes de service passé devant les élèves. Si faire mieux avec moins d’heures semble difficilement tenable, nous comprenons aussi tous les efforts et l’engagement des enseignants qui aspirent légitimement à être davantage reconnus.

Nous réussirons clairement la réforme à la condition de considérer globalement le temps passé à l’école dans lequel interviennent les enseignants mais aussi de nombreuses autres personnes : les ATSEM, le personnel de restauration et les animateurs des temps périscolaires lorsque la commune a, ce n’est pas toujours le cas, les moyens de les financer.

Il faudra, de la même manière, procéder, après l’annonce de vos propositions, à une grande concertation pour permettre la construction des projets éducatifs en fonction des particularismes territoriaux, notamment pour les petites communes et celles de la ruralité. La définition d’un cadre national réformant les rythmes éducatifs devra nécessairement prendre en compte l’enjeu des politiques éducatives locales alors que la problématique de leur financement a été maintes fois relevée, inquiétant parents et organisations syndicales sur les risques « d’une école à plusieurs vitesses et de la montée des inégalités éducatives territoriales ».

Nous proposons pour cela la création d’un fonds de péréquation à destination, exclusive ou non, des communes qui devront être aidées en priorité pour construire, sur la durée, votre réforme. Préparer septembre 2013 mais aussi toutes les autres rentrées en termes d’accueil périscolaire par exemple.

De nombreux chiffres circulent aujourd’hui sur le surcoût de la réforme, au minimum 150 euros par enfant et par an. Nous prônons sur ce sujet, comme le président de la République, s’y est engagé, de mettre des moyens encore plus conséquents, partagés globalement entre l’état, les collectivités territoriales et la CNAF. Nous évaluons ce surcoût à 450 euros par an et par enfant, soit moins de deux milliards d’euros. Certes la conjoncture est, chacun le sait, difficile mais l’occasion vous est donnée aujourd’hui de créer un « choc de compétitivité éducatif ».

Le collectif C.E.D.R.E attends avec impatience vos propositions afin d’entamer avant la loi de programmation et d’orientation le premier acte de la refondation de l’école.

Olivier CAREMELLE, porte-parole du C.E.D.R.E

1 commentaire sur "Rythmes scolaires : « rien ne serait plus inefficace que de se contenter de supprimer la semaine de 4 jours » (C.E.D.R.E)"

  1. Boulu  25 novembre 2012 à 17 h 21 min

    Retour à la semaine de 4 jours et demi ? Qu’on a abandonnée (à tort à mon avis) il y a 5 ans ?
    C’est une tempête dans un verre d’eau. Si les journées sont réduites quant à leurs horaires, je suis ultra pour. Vite, je suis bientôt à la retraite.Signaler un abus

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