« Il faut créer un Capes et une agrégation d’histoire de l’art »

Créer un CAPES d'histoire de l'art ? La proposition ressurgit, à l'occasion de la publication aujourd'hui dans Le Figaro d'un article intitulé "Arts : cinq idées pour un nouvel enseignement". Tour d'horizon.

Le Figaro publie aujourd’hui un article intitulé « Arts : cinq idées pour un nouvel enseignement« , dans lequel il donne la parole entre autres à Jean-François Zygel et à Didier Lockwood.

Pour Jean-François Zygel, « l’enjeu de l’éducation artistique et plus particulièrement musicale, c’est de faire en sorte que la jeune génération ne connaisse pas que le divertissement ». Il déplore par ailleurs que l’on voit « les ministres partout, mais pas à l’Opéra ».

Didier Lockwood estime de son côté que « les artistes doivent se donner un rôle de modèle », « s’impliquer dans les établissements » et devenir « des icônes pour les jeunes ».

Pierre Rosenberg, académicien, président du Louvre de 1994 à 2001, également interrogé par le Figaro, juge de son côté qu’on « n’apprend pas à voir à l’école ». Pour apprendre cela aux élèves, il faudrait que l’enseignement soit dispensé par des professeurs »ayant un Capes ou une agrégation d’histoire de l’art ».

« Faire enseigner l’histoire de l’art par des professeurs compétents, recrutés par concours »

On rejoint là la proposition de l’Association des professeurs d’archéologie et d’histoire de l’art des universités (ApAhAu), formulée le 31 mai dernier, comme on pouvait le lire dans le Journal des Arts, constatant qu’actuellement « l’enseignement prodigué depuis trois ans s’est révélé insatisfaisant », faute de formation suffisante des enseignants.

Le 12 juillet dernier, un groupe d’artistes et d’enseignants, parmi lesquels Yves Bonnefoy, Pierre Boulez, Patrice Chéreau, Gérard Garouste, Pierre Soulages, adressait aussi dans Liberation un message à François Hollande, lui demandant de « faire enseigner l’histoire de l’art par des professeurs compétents, recrutés par concours – un Capes spécifique – comme c’est le cas pour les autres matières dans les collèges et lycées ».

Ils mettaient en garde contre le danger de l’ »analphabétisme visuel » qui guettait les élèves, « dans un monde saturé d’images ». Dans ce monde en effet, « il est devenu fondamental de savoir regarder et comprendre une image, qu’elle apparaisse sur un écran de télévision, d’ordinateur, de PlayStation, ou dans un musée ».

1 commentaire sur "« Il faut créer un Capes et une agrégation d’histoire de l’art »"

  1. Agacé  12 décembre 2012 à 21 h 11 min

    Et les enseignants d’arts plastiques, que font-ils avec leurs élèves ?
    On connaît la réponse de M. Rosenberg. Elle se trouve dans une tribune publiée en 2007 sur le site de Libération :
    « On me fera remarquer qu’il existe une agrégation d’arts plastiques. Ce serait une grave erreur d’y rattacher une option histoire de l’art. Les arts plastiques éveillent à la création, l’histoire de l’art apprend à regarder. Ce sont deux démarches contradictoires. »
    Ce qui appelle deux remarques (au moins) :
    – La dissertation d’histoire de l’art occupe une place de choix dans l’épreuve d’admissibilité des agrégations externe et interne d’arts plastiques (à l’externe, il s’y ajoute une dissertation d’esthétique, c’est-à-dire de philosophie de l’art). Que l’on m’explique alors pourquoi les enseignants ayant réussi l’un de ces concours, lorsqu’ils abordent l’histoire de l’art avec leurs élèves (ce qu’ils font tous), ne seraient capables que de propager l’« analphabétisme visuel » auprès de ces derniers. Ce doit être la faute des historiens de l’art (et universitaires) qui font partie des jurys ces deux agrégations. Des traitres à leur discipline, probablement.
    – Mais au-delà, c’est le postulat même de M. Rosenberg qui paraît aussi étrange que pernicieux : la création et l’exercice du regard « sont deux démarches contradictoires ». Ah bon ? Depuis quand ? Que l’on dise qu’elles sont différentes, soit, mais contradictoires… Dürer, Delacroix, Warhol étaient des benêts ? Des « analphabètes visuels » ? C’est un bien triste historien de l’art, celui qui suppose aussi peu d’intelligence dans l’objet qu’il étudie. Si monsieur Rosenberg en est encore à défendre ce genre d’idées, j’espère au moins (pour lui) que c’est par pure mauvaise foi. Si ce n’est pas le cas, qu’il relise Focillon ou Baxandall. Il y trouvera peut-être des raisons de cesser de mépriser le travail des enseignants d’arts plastiques, et de quoi élaborer des arguments intelligents pour défendre son point de vue – puisque si l’idée de créer un concours spécifique pour l’enseignement de l’histoire de l’art pourrait être bonne, c’est bien la desservir que de la défendre aussi pauvrement…Signaler un abus

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