Formation des enseignants : les Espé assumeront « la plus mauvaise part de l’héritage » des IUFM (CDIUFM)

Patrick Demougin, président de la CDIUFM, fustigeait hier les premiers aménagements de la réforme de la formation des enseignants, présentés le 14 novembre dans un document de travail du ministère de l'Enseignement supérieur.

Le président de la CDIUFM Patrick Demougin a vivement critiqué, dans un billet publié hier, les premières orientations de la réforme de la formation des enseignants, après avoir pris connaissance d’un document de travail proposé par le ministère de l’Enseignement supérieur aux syndicats et aux associations. Ce document de travail « dessine un peu plus précisément ce que doit être la réforme de la formation des enseignants », mais « on évitera de parler de refondation dans ce texte, avec juste raison puisque rien ne vient donner corps à une ambition nouvelle pour la formation des enseignants », a déploré Patrick Demougin.

Des textes « empêtrés dans d’impossibles compromis »

Le président de la CDIUFM a pointé du doigt les incohérences des textes, « empêtrés dans d’impossibles compromis ». Dire, par exemple, « que la formation sera simultanée, ou intégrée, quand on place le concours au milieu du cursus pour mieux séparer le disciplinaire et le professionnel, et développer à loisir sur les ‘compétences’ disciplinaires et professionnelles, mais aussi scientifiques et didactiques, […] c’est délayer un mauvais breuvage pour mieux le faire passer », a-t-il estimé.

Les Espé recréent « la plus mauvaise part des IUFM »

Sur les Espé, les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation promises par Vincent Peillon, les textes restent flous : ils disent « qu’elles seront ‘maîtres d’ouvrage déléguées’, s’il vous plaît, mais aussi un peu ‘maîtres d’œuvres’, enfin… pour ‘certaines parties de la formation’, et encore ‘opérateurs’, et surtout, ‘acteurs’, ce qui est plus pratique puisqu’on ne sait pas bien quand on le devient et ce qu’on fait de ce titre que chacun peut revendiquer, même à son insu », a ironisé Patrick Demougin. Pour lui, « la formation dans les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation assumera la plus mauvaise part » de l’héritage des IUFM, en « séparant les disciplines académiques, dont on aura bien reconnu qu’elles sont l’apanage des seules UFR […], de la dimension professionnelle, dans des écoles supérieures qui en auront les missions, à peu près à l’identique, mais pas les moyens institutionnels et scientifiques ».

« Il n’est plus seulement question de rejouer le film de Lelouch, Tout ça pour ça, mais bien de faire un grand bond en arrière », a déploré le président de la CDIUFM.

1 commentaire sur "Formation des enseignants : les Espé assumeront « la plus mauvaise part de l’héritage » des IUFM (CDIUFM)"

  1. Anthony  21 novembre 2012 à 2 h 33 min

    Ce Patrick Demougin donneur de leçons est déconnecté des réalités de l’enseignement… Le retour d’une année de formation en alternance avec un tiers temps d’enseignement est une bonne chose. Ce sont les IUFM actuelles qui étaient un « grand bond en arrière » avec la quasi disparition des périodes de stage !Signaler un abus

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