Lors d’une visite au Centre des arts et métiers de Lille hier, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a exprimé la volonté de mettre en place, dès 2013 « un conseil éducation-économie pour que les chefs d’entreprise soient représentés à l’Education nationale ». Ce conseil viserait à rapprocher le monde du travail de l’enseignement technique et professionnel, en permettant un échange avec les entreprises et les régions pour aménager l’offre de formation en fonction des besoins du marché.

Resserrer les liens entre enseignement professionnel et entreprise

Pour le ministre, « rapprocher l’Education nationale de l’entreprise » est un levier pour favoriser l’emploi et réduire le nombre d’offres non pourvues, qui s’élève actuellement à 600 000 chaque année.

Le ministre souhaite également redorer l’image des filières technologiques et professionnelles, actuellement peu considérées, en instaurant « un parcours d’information et d’orientation à partir de la sixième ». « Nous devons accorder à l’enseignement professionnel, du CAP jusqu’à l’ingénieur, une priorité », a affirmé Vincent Peillon.

Le Commissaire géné­ral à l’investissement Louis Gallois avait déjà proposé, dans le rapport pour la compétitivité rendu au Premier ministre le 5 novembre, de « rap­pro­cher le sys­tème éduca­tif et les entre­prises » en « asso­ciant ces der­nières « à la gou­ver­nance de l’enseignement tech­nique et pro­fes­sion­nel au niveau des établis­se­ments […], des Régions […], et au niveau natio­nal ».

De « fausses bonnes idées » pour la FSU

Pour la FSU Nord-Pas de Calais, le ministre a fait resurgir « des clichés en matière de formation et d’insertion professionnelle qui se sont pourtant révélés depuis de nombreuses années comme autant de fausses bonnes idées ».

« Les liens avec le monde de l’entreprise […]ne doivent en aucun cas piloter ni l’offre de formation ni les contenus des formations », estime-t-elle dans un communiqué, préconisant plutôt de « relancer la démocratisation et la réussite de tous les élèves » grâce à « des moyens, des heures de cours de groupes, en TP, des classes allégées et des contenus ambitieux ».