Christophe Varagnac, enseignant agressé en septembre à Bordeaux, reçu hier, à sa demande, par Vincent Peillon

Vincent Peillon a reçu hier Christophe Varagnac, enseignant en lycée professionnel à Bordeaux, qui avait été violemment agressé en septembre dernier par l'un de ses élèves, lors d’un cours sur le "fait religieux en France depuis 1880".

Vincent Peillon a reçu hier, à sa demande, Christophe Varagnac, enseignant de lettres et histoire en lycée professionnel à Bordeaux, qui avait été violemment agressé en septembre dernier par l’un de ses élèves, d’origine marocaine, lors d’un cours sur le « fait religieux en France depuis 1880 ». L’enseignant avait à l’époque, dans une interview accordée au Nouvel Obs, « proposer d’intégrer à la formation [des enseignants], par exemple, quelques séquences sur l’islam, ne serait-ce que pour que tous les professeurs aient les connaissances de base quand on leur pose des questions ». Il avait affirmé que « la laïcité n’a[vait] pas à être débattue, pas question de transiger sur le principe », mais que le problème était qu’en France prévalait  » la ‘catholaïcité’, pas la laïcité ». Et d’ajouter : « Il n’y a qu’à voir le calendrier de l’Education nationale calqué sur les fêtes chrétiennes », tout en suggérant de ne plus mettre de sapins de Noël dans les écoles.

Dans un portrait publié dimanche sur le site de Libération, Christophe Varagnac affirmait, peu avant son entretien avec Vincent Peillon, vouloir « obtenir de lui ‘des garanties pour proposer un vrai chantier autour de l’école républicaine« . Il ajoutait souhaiter ne plus voir de « sapins dans les halls de l’école, pas plus que de gamins qui jurent sur le Coran de La Mecque ».

L’enseignant, marqué par son agression, en arrêt maladie depuis et suivant actuellement une thérapie, est cependant décidé à « faire pas­ser un mes­sage sur l’école en dan­ger« . Il prépare d’ailleurs un livre.

Reçu par Vincent Peillon, il a salué le caractère « détendu et constructif » de l’entretien qu’il a eu avec le ministre. Il est revenu sur l’idée d’une formation des enseignants adaptée face aux publics difficiles, et de la nécessité d’une meilleure connaissance de l’islam. Pour que la laïcité puisse être enseignée sans failles, l’école de la République étant aujourd’hui en ce domaine « en déficit de cohérence, donc d’autorité », il faut, a-t-il réaffirmé, sortir de la forme de « catholaïcité » encore prédominate.

« Les gamins qui se présentent avant tout comme des musulmans, il faut les prendre tels qu’il sont, en faire de ‘bons petits républicains’, car c’est faisable » a-t-il déclaré à l’occasion de cette rencontre.

Source(s) :
  • AFP, Nouvel Obs, Liberation

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