Le Conseil de direction de l’IEP a désigné hier l’administrateur provisoire de l’institut, Hervé Crès, pour succéder à Richard Descoings à la tête de Sciences Po.

Un conseil particulièrement houleux

Le conseil de direction, présidé par Michel Pébereau, s’est déroulé dans une atmosphère « très tendue », selon l’un des participants. Pour Arnaud Bontemps, vice-président étudiant du comité de direction, il a duré « excep­tion­nel­le­ment long­temps » et a donné lieu à des échanges « par­ti­cu­liè­re­ment nour­ris ». A l’issue de la séance, Hervé Crès, numéro 2 de Sciences Po Paris de 2008 à 2012, a été élu avec 13 voix en sa faveur, 1 voix contre, 14 votes blancs et 1 vote non exprimé.

Lundi, le conseil d’administration de la Fondation natio­nale des sciences poli­tiques (FNSP), l’organe qui assure la gestion de l’IEP, avait également élu Hervé Crès au poste d’administrateur. Généralement, les fonctions de directeur de l’IEP et d’administrateur de la FNSP sont assumées par la même personne.

Pas de réponse de l’exécutif avant le 22 novembre

L’Elysée doit maintenant valider ce choix par la signature d’un décret officialisant la nomination du futur directeur de Sciences Po. Généralement, il entérine les décisions des deux instances dirigeantes, mais cela pourrait changer cette année. Geneviève Fioraso souhaite en effet attendre la publication du rapport critique de la Cour des Comptes sur la gestion de l’IEP de 2005 à 2010 avant de rendre son verdict. Ce rapport égratigne notamment la gestion des enseignants, assurée par Hervé Crès, et pourrait donc porter préjudice à la candidature de ce dernier.

Dominique Reynié, professeur à Sciences Po postulant également à la succession de Descoings, a fait savoir qu’il continuerait à défendre sa candidature « pour respecter la date limite fixée par les pouvoirs publics, c’est-à-dire au moins le 22 novembre ».