Les « vérités bonnes à dire sur le métier d’enseignant en 2012 », selon une prof de lettres en lycée

Une enseignante de lettres a dressé sur "le Plus" une liste de "vérités bonnes à dire" sur l'enseignement en 2012, démontrant à quel point le métier s'est dégradé ces dernières années.

Lidia P. Blanc, enseignante de lettres en lycée depuis 7 ans, dénonçait hier dans le Plus la dégradation des conditions de travail des professeurs à travers quelques « vérités bonnes à dire sur le métier d’enseignant en 2012 ».

Peu de soutien de la hiérarchie

Première vérité citée par l’enseignante, « l’omerta » imposée aux profs par leur hiérarchie. La promotion des chefs d’établissement dépend en effet des « ‘états de service’ officiels qu’ils produisent eux-mêmes sur leur propre établissement auprès du rectorat », révèle l’enseignante. De ce « système de promotion qui lie […] tranquillité et efficacité » découle une « omerta » ou « hyper-euphémisation », déplore-t-elle.

Elle dénonce également le fait « qu’aucune instance juridique spécifique ne garantit la protection salariale et morale de l’enseignant », favorisant ainsi le harcèlement moral. « Il n’est pas rare qu’un chef se comporte mal, outrepasse ses prérogatives […] comme dans n’importe quelle entreprise […], sauf que l’enseignant lui n’a pas les prud’hommes pour faire valoir ses droits », regrette Lidia Blanc.

Un suivi médical insuffisant

L’enseignante dénonce aussi le manque de suivi psychologique des enseignants, alors que ces derniers sont « moralement et psychologiquement très exposés aux fragilités de la vie« .

Elle pointe aussi du doigt le fait qu’aucune maladie professionnelle ne soit « reconnue et prise en compte » chez les enseignants. Elle en identifie pourtant quelques-unes : « problèmes de posture« , de « cordes vocales », « stress dû au climat de violence et de dénigrement »…

Des salaire trop faibles

« Travailler plus mais gagner moins », résume l’enseignante pour décrire la situation salariale des professeurs. Elle dénonce notamment l’explosion des frais  – « essence pour les trajets, logements aux prix délirants, achat de livres et matériel pédagogique souvent à ses propres frais » – à peine compensée par des « mesures coups-de-pouce […] ponctuelles », qui ne « concernent qu’une infime minorité ».

Elle déplore également le peu de stabilité assurée par la profession. Le prof « doit prendre, un peu à l’instar de ce qu’on impose dans les Pôles emploi, ou dans les boites d’intérim, les postes qu’on lui donne », regrette-t-elle.

Enfin,  l’enseignante détaille la lente dégradation des conditions de travail, incluant la hausse du nombre d’élèves par classe, l’empiètement du professionnel sur la vie privée avec les corrections de copies ramenées à la maison ou la préparation des cours.

« Par conséquent, je ne suis pas étonnée par les suicides d’enseignants », affirme Lidia Blanc.

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.