Hervé Crès, administrateur provisoire de Sciences Po Paris et candidat à la direction, a reconnu la semaine dernière dans l’Express que le rapport critique de la Cour des Comptes sur la gestion de l’IEP entre 2005 et 2011 pourrait nuire à sa nomination. Hervé Crès était en effet le bras droit de l’ancien directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings, mort en avril dernier, de 2008 à 2012.

« Bien sûr que je pourrais faire les frais des choix de mon prédécesseur. J’en suis bien conscient et ce n’est un secret pour personne », affirme-t-il.

Hervé Crès s’inscrit néanmoins « en faux et avec vigueur contre des arguments présentés par la Cour dans son rapport d’observation« . « Quand elle pointe l’augmentation de 33% de la dotation de l’Etat, il faut le comparer aux 85% d’étudiants en plus, déplore le candidat. De même, quand la Cour affirme que 30% des enseignants de Sciences Po n’accomplissent pas leur charge, c’est faux […]. Selon la procédure de contrôle du temps de charge des enseignants, ils effectuent 21% d’heures au delà de ce que leur impose le règlement », indique-t-il. Cette procédure de contrôle permettrait en outre d' »effectuer des retenues sur salaire qui viseraient le très faible nombre de professeurs qui n’effectuent pas leur charge de cours. »

Quant à la rémunération extravagante de Richard Descoings, le candidat estime qu’elle « est un point aveuglant dans cette affaire, feuilletoné dans la presse depuis un an ». « A homme exceptionnel, rémunération exceptionnelle », avance-t-il, tout en soulignant que « Richard Descoings est mort. Cette page a été tournée. C’est du passé ».

« Dans nos réponses au rapport de la Cour des Comptes, nous proposons des mesures visant la transparence totale, notamment en matière de salaire des dirigeants, explique-t-il. C’est cela l’avenir de Sciences Po, c’est l’exigence d’une gouvernance modernisée ».