« Chaque année, c’est entre 5.000 et 6.000 enfants qui se retrouvent privés du droit à aller à l’école, à cause de leur handicap et du manque d’anticipation de leurs besoins », a déclaré hier à l’AFP la présidente de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph), Sophie Cluzel. La Fnaseph tirera cet après-midi le bilan de la rentrée pour les plus de 225.000 élèves scolarisés en situation de handicap, une rentrée qui pour elle « ressemble aux précédentes ».

Bien que le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, ait annoncé le recrutement de 1.500 auxiliaires de vie scolaire individuels (AVSi), qui s’ajoutent aux 22.000 existant, ces postes ne sont pas encore pourvus. Des effectifs de toute façon insuffisants pour Sophie Cluzel : environ 60.000 élèves handicapés nécessiteraient un accompagnement, et au moins 10 % d’entre eux seraient actuellement en attente d’AVSi. De plus, le nombre d’heures d’accompagnement proposé suffit rarement à leur permettre de suivre correctement leur scolarité, c’est pourquoi « seulement 50 % des élèves vont à l’école à temps complet en maternelle et seulement 30 % en élémentaire ».

Des modules de formation à distance pour les enseignants

D’autre part, ces accompagnants spécialisés ne bénéficient pas d’une formation poussée : « Ce sont des gens qui ont le bac, motivés, qui montrent un vrai engagement dans ce qu’ils font, mais qui n’ont bénéficié que de 60 heures de formation, au mieux. » La Fnaseph demande en conséquence la création d’« un véritable métier d’accompagnant ».

La ministre déléguée à la Réussite éducative, George Pau-Langevin, a promis lors de la conférence de rentrée du ministère qu’une réflexion serait menée « dès septembre » sur la formation des accompagnateurs, et qu’elle souhaitait notamment « un référentiel métier ».

Le manque de formation adaptée concerne aussi les professeurs, souvent désarmés devant le handicap. Pour pallier le manque de formation des enseignants, le ministère a mis en place dès cette rentrée des modules de formation à distance, afin qu’ils puissent connaître les caractéristiques du handicap d’un élève et les adaptations pédagogiques à mettre en œuvre. « Un premier pas louable », selon Sophie Cluzel.