C’est aujourd’hui la 5ème Journée du refus de l’échec scolaire (JRES) organisée par l’Afev, association qui mobilise des étudiants pour effectuer du soutien scolaire dans les quartiers défavorisés. Le thème retenu cette année est le décrochage : quelque 150.000 jeunes sortent en effet chaque année du système scolaire sans diplôme.

Selon une enquête Trajectoires/Afev publiée ce mercredi(1), c’est dans les classes de troisième et de seconde que le décrochage scolaire est le plus fréquent. Cette période charnière, aux alentours de 16 ans, marque la fin de la scolarité obligatoire. Parmi les décrocheurs sondés, 32% ont commencé à sécher régulièrement les cours en seconde, et 17% en troisième. « En réalité, c’est souvent la conséquence d’un long processus qui commence quelquefois dès l’école primaire par le sentiment d’être en difficulté, d’être trop nul pour y arriver. Généralement au collège, ça ne s’arrange pas », explique Christophe Paris, directeur général de l’Afev. Certains élèves étaient présents en classe sans toutefois « accrocher aux apprentissages ».

Une orientation souvent subie

L’un des facteurs du décrochage « physique » important en seconde s’explique notamment par le fait que le lycée est plus exigeant que le collège. Mais aussi, parce que la seconde marque aussi la première étape de l’orientation. Or, 71 % des décrocheurs estiment avoir été mal conseillés, et 59 % disent avoir subi cette orientation avant le lycée. La moitié des jeunes disent en outre qu’il leur a manqué à l’école quelqu’un qui les motive et leur donne confiance. « La grande majorité des décrocheurs se compte parmi les élèves de milieux populaires et plus précisément encore parmi les jeunes en filières professionnelles qui n’ont pas choisi d’y être orientés », souligne dans un communiqué l’Afev.

Il est donc urgent de revaloriser la filière professionnelle : « Quand on a le sentiment d’être orienté dans une filière pour les nuls, ça n’aide pas à se motiver », a souligné M. Paris. Il faut aussi « pouvoir traiter le moment T » où le jeune décroche, et « réfléchir au pourquoi, à l’évolution de notre système scolaire », a-t-il ajouté, voyant dans la concertation en cours sur la refondation de l’école « un vrai espoir pour ceux qui sont concernés ».

Diviser par deux le nombre de décrocheur

Jeudi dernier, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon s’est engagé à « diviser par deux » le nombre de décrocheurs, grâce à une meilleure formation des enseignants et à des changements de pédagogie, qui restent à définir.

Selon le rapport Regards sur l’éducation publié la semaine dernière par l’OCDE, les jeunes français de 15 à 19 ans sont plus nombreux (71%) à être sans emploi ou inactifs que dans la moyenne de l’OCDE (57%).