Connaissez-vous l’écofiction ?

Dans son livre "Les Ecofictions. Mythologies de la fin du monde", Christian Chelebourg analyse les mécanismes de transcription du désastre écologique dans la fiction. Le site Fabula vient de publier un compte-rendu de lecture fouillé. Présentation.

Ecofictions. Mythologies de la fin du monde, de Christian Chelebourg

Ecofictions. Mythologies de la fin du monde, de Christian Chelebourg

Après la fiction, l’autofiction, la science-fiction, arrive l’écofiction. En phase avec l’ère du temps, elle présente sur un mode narratif un drame écologique. Le site Fabula consacre un article à ce nouveau concept, en publiant cette semaine un compte-rendu de lecture sur Les Ecofictions. Mythologies de la fin du monde, de Christian Chelebourg, publié en avril dernier par la maison d’édition belge Les Impressions Nouvelles.

Christian Chelebourg, professeur de Littérature à l’Université de Nancy 2 et directeur du Centre d’Etudes Littéraires Jean Mourot, a réuni dans son livre les éléments qui, pour la première fois, permettent de délimiter ce concept. On peut lire sur Fabula la définition d’une écofiction : « ce n’est pas seulement une fiction (littéraire ou cinématographique) sur l’écologie, c’est avant tout et surtout une fiction sur le désastre écologique que tout le monde prédit. »
Le livre de Christian Chelebourg passe en revue « plus de deux cents romans, films, bandes dessinées, documentaires, essais ou publicités » pour saisir ce qui se cache derrière l’écofiction, indique la fiche du livre sur le site de l’éditeur – sur laquelle on peut voir le sommaire et un extrait.

Crainte de la catastrophe écologique

Fabula propose un compte-rendu de lecture détaillé de l’ouvrage, intitulé « L’imaginaire de la catastrophe dans les fictions écologiques » (voir encadré), signé Sylvain Brehm. 

Dans son article, Sylvain Brehm remarque pour commencer que « la terreur atomique a été supplantée par l’angoisse écologique ». Oui, lorsqu’on y réfléchit, nous vivons bien aujourd’hui dans cette peur. En conséquence, « la crainte de la catastrophe écologique façonne l’imaginaire collectif ».

Références de l’article de Sylvain Brehm

« L’imaginaire de la catastrophe dans les fictions écologiques », Acta Fabula, Notes de lecture, URL : http://www.fabula.org/revue/document7196.php

 

La pollution par exemple est un phénomène qui « suscite un imaginaire de l’expansion, de l’invasion ». Dans le livre de Christian Chelebourg, le film Wall-E , où le monde est jonché d’ordures et de déchets, est cité pour illustrer ce phénomène.

La pollution peut aussi être invisible : c’est le cas des rejets toxiques dans le film Erin Brockovich de Soderbergh.  L’homme est devenue la victime du monde qu’il a abîmé.

Une dimension pédagogique

Dans les écofictions romanesques, qui s’apparentent bien souvent à la science-fiction, une dimension pédagogiques apparaît : « mettre en scène le cataclysme à venir a […] une vertu pédagogique. Il s’agit ni plus ni moins que de créer un sursaut chez les lecteurs et de les sommer de choisir leur camp » analyse ainsi l’article.

La génétique est elle aussi source d’inquiétude. Sylvain Brehm note que « cette inquiétude n’est pas nouvelle si l’on en juge notamment aux hybridations monstrueuses de Wells dans The Island ofDoctor Moreau paru en 1896″. Cependant, elle prend aujourd’hui une dimension nouvelle, et peut s’accompagner de la peur d’une forme de cannibalisme (voir dans l’article, l’exemple de Oryx and Crake de Margaret Atwood).

L’écofiction s’intéresse également aux épidémies, qui, telle celle du SRAS ou celle de la vache folle, terrorisent l’humanité, en même temps qu’elles la font douter des capacités de la science voire de sa moralité.

L’écofiction recouvre un large champ d’expression littéraire, artistique, médiatique, qui promet d’être fertile dans les années à venir, au vu de la dégradation incessante de notre environnement.

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