Vincent Peillon se lance dans la lutte contre le décrochage scolaire. En déplacement hier jeudi dans un lycée d’Orléans, le ministre de l’Education nationale a affirmé qu’il fallait « mettre des moyens, mais en même temps changer nos pratiques ».

Le ministre en est convaincu, tout se joue dès l’école primaire. « Il y a une fragilité française sur le début de la scolarité obligatoire », a-t-il dit devant 200 acteurs du monde éducatif, participant à un débat sur la refondation de l’école. « Nous donnons moins d’argent à l’école primaire que nous ne donnons après aux autres échelons, et moins que la plupart des autres pays qui nous entourent. C’est un problème majeur et nous le savons, pour les décrocheurs les choses se jouent au commencement dans les toutes premières années de l’apprentissage. »

Introduire des « changements de pédagogie »

Faisant du premier degré une « priorité », le ministre vise « l’augmentation de nos taux d’encadrement », et promet des « changements de pédagogie » grâce à la « formation des enseignants qu’il faut remettre en place ». Il va falloir selon lui « une réflexion sur la notation, sur les devoirs, sur le redoublement ».

Concernant le secondaire, Vincent Peillon a dénoncé « une orientation subie et non choisie » et a souligné l’importance « de l’insertion professionnelle », déplorant les 40.000 places non pourvues dans les lycées professionnels. « L’école est aussi là pour proposer un accès aux métiers (…). Il faut travailler plus finement entre l’Education nationale et le monde économique, et j’initierai ce lien », a-t-il promis.

« Diviser par deux » le nombre de décrocheurs

Vincent Peillon souhaite que « tous les acteurs de la société éducative » se mobilisent autour de cette problématique, et espère grâce à leur soutien « diviser par deux » le nombre de 140.000 élèves victimes du décrochage scolaire chaque année.

François Hollande avait fait de la lutte contre le décrochage l’un de ses chevaux de bataille lors d’un discours à Pierrefitte en janvier dernier. Il avait qualifié le décrochage de « gâchis formidable sur le plan humain et financier », et promis qu’« aucun jeune de 16 à 18 ans ne se [trouverait] sans solution ».