Snalc : la concertation doit aboutir à « une école du sérieux »

Pour sa conférence de rentrée, le Snalc CSEN a exprimé l'espoir que la concertation débouche sur une réelle "rupture", et pose les bases d'une "école du sérieux", où la sécurité et le respect dû aux enseignants seraient garantis.

François Portzer au centre president Snalc CSENC’est une rentrée « tranquille » pour le Snalc CSEN, avec des enseignants « dans l’expectative ». Le Syndicat national des lycées et collèges note avec satisfaction que la concertation pour la refondation de l’école « se passe dans de bonnes conditions », et espère que « tout n’est pas écrit d’avance ». Il souhaite « une rupture » avec les politiques précédentes, et craint que la concertation ne débouche sur un nouvel « immobilisme » dû à « l’inertie du système ».

Pour le Snalc, qui milite en faveur d’une école « du sérieux » et d’un « retour aux fondamentaux », il est prioritaire pour relancer l’ascenseur social de « remettre en marche l’école primaire », resserrée sur l’acquisition des bases : lire, écrire, compter. Le syndicat est farouchement opposé à « l’école du socle », qui se traduirait selon son président François Portzer par une « primarisation » de l’enseignement secondaire.

Renforcer la sécurité des enseignants

Le syndicat souhaite par ailleurs mettre fin à l’intervention des parents dans l’enseignement : « Il faut que les familles soient concernées par l’école, (…) mais il faut que le partage [des rôles] soit très net, et qu’il n’y ait plus d’immixtion de certaines organisations qui représentent les familles », autrement dit les fédérations de parents d’élèves. Il est essentiel pour restaurer « le respect » dû aux enseignants que personne ne mette « en doute » leur autorité, comme cela s’est produit hier et aujourd’hui avec l’agression de deux enseignants par un parent et par un élève.

Ces agressions posent également la question de la sécurité des enseignants, primordiale pour le Snalc, qui voit d’un bon oeil le recrutement des assistants de prévention et de sécurité (APS) et demande « plus de personnel d’encadrement ». « Il faut que l’ordre républicain règne dans les établissements, il faut que les professeurs soit protégés », souligne le vice-président du Snalc, Albert-Jean Mougin, qui y voit un remède au « malaise enseignant ». Le syndicat encourage par conséquent l’introduction des cours de morale laïque pour véhiculer ces valeurs républicaines.

Initier une « recentralisation des moyens et des coûts »

Si les annonces du nouveau ministre de l’Education nationale lui semblent aller dans le bon sens, le Snalc considère par contre qu’il s’est aventuré sur un terrain glissant avec la « complexe et périlleuse » réforme des rythmes scolaires. Le syndicat refuse notamment le raccourcissement des vacances d’été, d’autant plus qu’aucune compensation financière n’est envisagée : « Nous n’allons pas travailler plus pour gagner autant », résume François Portzer, qui dénonce la « réelle paupérisation du monde enseignant« .

Le syndicat attend aussi du ministère qu’il se lance dans une « recentralisation des moyens et des coûts » de l’éducation, pour éviter les inégalités liées aux différences de budget des collectivités locales. De même, « pour ce qui est des programmes, du recrutement des professeurs, de la nomination des professeurs », ces questions doivent être traitées au niveau national. Par contre, l’enseignant doit conserver une « liberté pédagogique« , permettant par exemple à un professeur des écoles de choisir sa méthode de lecture.

Différencier la formation des enseignants

Concernant le recrutement et la formation des enseignants, le Snalc salue le dispositif des emplois d’avenir, un « pré-recrutement » qu’il a toujours « appelé de [ses] voeux ». Cette mesure vient contrebalancer un effet pervers de la masterisation : la charge financière des années d’étude supplémentaires, parfois trop élevée pour les étudiants défavorisés.

Le Snalc ne voit par ailleurs pas d’objection à ce que les enseignants de tous les niveaux se côtoient dans les futures écoles supérieures du professorat, tant que la formation reste différenciée : « généraliste » pour le primaire, « centrée sur la discipline » enseignée pour le secondaire. Mais pour le syndicat, le métier d’enseignant s’apprend avant tout « sur le terrain », par le biais « du compagnonnage ou du tutorat » avec un enseignant expérimenté.

Dans l’immédiat, le syndicat attend les résultats de la concertation et la rédaction de la loi d’orientation, qui ne comportera sans doute que « des principes généraux » vu le calendrier serré. Pour le Snalc, un échec de cette concertation serait aussi « l’échec de la République« , et de toutes ses valeurs, mises en avant par François Hollande.

1 commentaire sur "Snalc : la concertation doit aboutir à « une école du sérieux »"

  1. oliwave  14 septembre 2012 à 22 h 18 min

    « remettre en marche l’école pri­maire », res­ser­rée sur l’acquisition des bases : lire, écrire, comp­ter.  » Oh que oui !! On en a souvent plus que marre d’entendre des reproches à peine voilés sur notre inefficacité alors qu’on nous impose de papillonner sur une multitudes de « tâches extra-scolaires » bien éloignées de l’essentiel, ou de subir de pseudo formations pédagogiques, chronophages et inutiles …Signaler un abus

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