L’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le dispositif des emplois d’avenir professeur, qui doit profiter d’ici 2015 à 18.000 étudiants issus de milieux défavorisés se destinant à devenir enseignants.

Tout d’abord réservé aux établissements d’enseignement public, différents amendements l’ont ouvert aux établissements d’enseignement professionnel agricole et aux établissements privés sous contrat avec l’Etat.

Cette disposition n’a pas été contestée par le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, qui a affirmé « ne pas vouloir ranimer la guerre scolaire » et a déclaré ne voir « aucune difficulté, ni juridique, ni philosophique » à une ouverture aux établissements privés.

Attestation d’expérience en cas d’échec au concours

Un autre amendement adopté permettra de moduler d’une semaine à l’autre la charge de travail hebdomadaire du bénéficiaire du contrat d’avenir, pour s’adapter à ses études. Ce temps de travail ne pourra toutefois pas excéder, en moyenne, la moitié des 35 heures règlementaires.

Autre modification, s’il échoue aux concours de recrutement, le candidat se verra délivrer une « attestation d’expérience professionnelle« .

Pas un moyen déguisé d’assurer des remplacements

Les emplois d’avenir professeur sont des contrats d’un an renouvelables jusqu’à trois ans, largement subventionnés par l’Etat. Ils seront réservés en priorité à des étudiants boursiers, d’un niveau compris entre la deuxième année de licence et la première année de master, issus de milieux défavorisés.

Dans un souci d’harmonisation avec les autres emplois d’avenir, les zones défavorisées désigneront les zones urbaines sensibles (ZUS), mais aussi les zones de revitalisation rurale et l’ensemble des départements et collectivités d’outre-mer.

Ces contrats permettront une « professionnalisation progressive » et une « immersion sur le terrain« , mais sans que les étudiants assument les tâches d’un professeur : « il ne s’agira pas d’organiser du remplacement qu’on ne pourrait pas faire autrement », a assuré Vincent Peillon lors de sa conférence de rentrée.

Le texte amendé sera examiné à la fin du mois par le Sénat.