Premiers pas délicats pour les enseignants stagiaires

Des milliers de professeurs débutants ont effectué leur rentrée, lundi dernier, avec une nouveauté cette année : une décharge de 3h hebdomadaires pour se former et pallier l’année de stage supprimée par le précédent gouvernement. VousNousIls est allé à leur rencontre.

Pete/Flickr

Le ministre Vincent Peillon avait annoncé des mesures d’urgence : pas de profs débutants en classe de CP, des moyens supplémentaires avec la création de 1000 postes dans le primaire et l’instauration d’une formation de 3h par semaine pour les enseignants stagiaires, épaulés par un tuteur. Promesse globalement tenue mais qui ne permet pas de dissiper tous les doutes des enseignants non expérimentés.

Elise (1), professeur des écoles stagiaire en Seine-et-Marne, est en charge d’une classe de moyenne section à la maternelle au sein d’une école classée en ZEP. Malgré « une petite angoisse », sa rentrée s’est « très bien » déroulée : « elle était conforme à ce que j’imaginais. Ma principale crainte est de savoir si je vais réussir à transmettre mes connaissances à une classe de 26 élèves avec beaucoup de familles étrangères qui ne parlent pas forcément français. » Elle ajoute : « je me suis sentie accompagnée. Une collègue m’a même invitée chez elle la veille de la rentrée pour me montrer comment organiser la classe et gérer un emploi du temps. Il ne me reste qu’à rencontrer mon maître formateur cette semaine ! » Comme les autres débutants, Elise a bénéficié d’une semaine de préparation, à l’IUFM, incluant une formation accélérée à la prise en charge d’une classe. Elle insiste sur l’importance du rétablissement d’une vraie formation avec des stages devant élèves : « la pratique est indispensable, elle permet de savoir préparer une séquence, de la moduler en fonction des profils, d’apprendre à gérer le rapport aux parents inquiets… »

« Des élèves ne savaient pas tenir leur stylo »

Mathilde figurait sur la liste complémentaire et a appris fin juin qu’elle était prise grâce au recrutement des 1000 enseignants dans le primaire. Elle hérite d’une classe de CE1 de 23 élèves en Basse-Normandie. Son premier jour, elle ne l’a pas vécu comme un saut vers l’inconnu : « j’ai eu la chance de faire un master 2 en alternance l’an dernier et d’avoir une journée de stage par semaine toute l’année. Heureusement, car il me manque certaines astuces ! Le premier jour, j’ai constaté que plusieurs élève ne savaient pas tenir leur stylo. Ça paraît anodin mais je n’y étais pas préparée, j’ai dû composer. Je me serais retrouvée en maternelle, j’aurais eu des problèmes ne sachant pas comment les accueillir. »

Même ambiance, teintée d’appréhension dans le second degré. Cécile est agrégée d’EPS dans un lycée en Essonne. « Avant la rentrée, j’avais eu la chance de faire quelques stages mais je ne m’étais jamais retrouvée seule devant les élèves. J’enseigne à sept classes différentes, avec 2h de cours par semaine pour chacune », précise-t-elle. Sa principale crainte ? « Bien qu’ayant un tuteur dans mon établissement, je redoute de ne pas parvenir à mettre en place mes activités, d’être obligée de faire de la discipline, d’autant qu’ils sont 35 par classe. » Cécile le dit tout net : « la gestion de classe était absente de la formation ! » Pour y remédier, Vincent Peillon promet des stages plus nombreux et mieux encadrés dès septembre 2013.

Note(s) :
  • (1) Les prénoms ont été modifiés

1 commentaire sur "Premiers pas délicats pour les enseignants stagiaires"

  1. boite crânienne  14 septembre 2012 à 17 h 05 min

    La décharge de 3 heures ne s’applique pas aux lauréats qui étaient profs contractuels pendant les 2 années de leur master. La preuve : ma belle fille à Lyon. Ils ont été pénalisés par l’incurie de l’université à concevoir une évaluation adaptée à ces étudiants hors normes et à leur prévoir un aménagement d’horaire. Côté lycée, même chose : pas d’aménagement des heures de cours pour se rendre disponible aux heures de cours de la fac. Ils se sont investis sur 2 fronts à la fois : le master et le concours pour, au final, être dispensés de stage. Ils écopent donc de 3 heures de cours qui demanderont sans doute quelques minutes de préparation. Mais c’est bien sûr : c’est ça la solution pour une formation de qualité. Bon courage aux candidats à l’apprentissage.Signaler un abus

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