Un collectif de 55 associations et syndicats, fédéré par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), a lancé vendredi dernier une campagne pour faire reconnaître la lutte contre l’illettrisme en tant que « grande cause nationale » en 2013.

Le collectif rassemble entre autres l’Assemblée des Chambres de Commerce et d’Industrie, l’Association des Maires de France, ATD Quart Monde, Solidarité laïque, la Ligue de l’enseignement, les fédérations de parents d’élèves et les confédérations syndicales.

Une enquête de l’Insee de 2006 révèle que 3,1 millions de personnes entre 18 et 65 ans sont touchées par l’illettrisme en France métropolitaine (en Guadeloupe, le taux atteint 20%, 14% en Martinique et 21% à la Réunion). Contrairement à une idée reçue, ce phénomène ne concerne pas que les populations marginales, car 57% de ces personnes travaillent.

Un handicap dissimulé, un sujet tabou

Les personnes touchées ont souvent été scolarisées, ce qui distingue l’illettrisme de l’analphabétisme, mais leurs compétences en lecture, écriture et calcul se sont appauvries : elles sont aujourd’hui incapables d’y recourir dans la vie quotidienne pour lire une notice de médicament, des consignes au travail, les messages des distributeurs de billets… Un handicap souvent dissimulé par ceux qui en souffrent.

« L’illettrisme au travail est un sujet tabou« , souligne Marie-Thérèse Geffroy, présidente du conseil d’administration de l’ANLCI dans un entretien à Libération. « Si cela devenait une cause nationale – le Premier ministre devrait rendre sa décision en décembre -, après l’autisme en 2012, ce serait un formidable coup de projecteur, avec des messages dans les médias publics et de grandes manifestations. » Cela permettrait en outre de mesurer l’ampleur du phénomène, qui « reste méconnue ». En Europe, on estime toutefois à 73 millions le nombre d’adultes illettrés.

La demande du label grande cause nationale 2013 sera présentée au Premier ministre Jean-Marc Ayrault en novembre.