Vincent Peillon a affirmé ce mercredi sur BFM-TV qu’il n’était « pas défavorable à l’allongement d’une ou deux semaines de l’année scolaire », et qu’une discussion était « en cours » sur un zonage des grandes vacances par académie : « Si sous voulez que l’été soit plus court sans pénaliser trop fortement l’activité de l’industrie touristique, il demande un zonage l’été qui n’existe pas », a précisé le ministre de l’Education nationale, soulignant que cette possibilité n’était « pas du tout irrationnelle ».

Des complications pour la vie familiale

L’idée d’un zonage suscite notamment les protestations des parents d’élèves. Valéry Marty, présidente de la Peep, serait d’accord pour un raccourcissement des grandes vacances d’une semaine (pas deux), mais se dit par contre opposée à tout zonage parce que « c’est déjà dur de trouver des dates communes lorsque les deux parents travaillent. Il ne faut pas compliquer davantage la vie des familles. » Même son de cloche à la FCPE, fédération majoritaire, dont le président Jean-Jacques Hazan souligne que « les parents ne sont pas demandeurs » d’un zonage, puisque « ça devient compliqué pour la vie familiale et amicale, il n’y aura pas de dates communes ».

Les syndicats d’enseignants demandent quant à eux un temps de réflexion sur la réforme des rythmes scolaires. Sur la question des vacances, le secrétaire général du Sgen-CFDT Thierry Cadart a ainsi prévenu mercredi que « si on devait avoir la sensation que la décision était prise sans tenir compte de la concertation, ce serait une erreur de méthode assez grave ». Sébastien Sihr du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, affirme qu' »il ne faut pas perdre de vue l’objectif principal de la réforme des rythmes scolaires, c’est-à-dire le bien-être de l’enfant » et demande, avec d’autres syndicats de la FSU, une journée banalisée pour permettre aux enseignants d’en débattre.

L’industrie touristique favorable au zonage

Sur la seule question du raccourcissement des vacances estivales, la principale objection viendra peut-être des enseignants. En effet, selon une étude menée à Issy-les-Moulineaux par le spécialiste des rythmes scolaires Georges Fotinos en 2011, moins d’un tiers des enseignants interrogés étaient en faveur de 38 semaines de classe par an (contre 36 actuellement), alors que près de deux tiers des parents y étaient favorables.

L’industrie du tourisme semble, elle, être en faveur d’un zonage de vacances plus réduites. « Le zonage des vacances (…) du 15 juin au 15 septembre permettrait une meilleure optimisation de la période estivale » et « une meilleure répartition de l’offre hôtelière« , observe Roland Héguy, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui défend cette proposition depuis 2010. A l’inverse, « une réduction sans zonage aurait des conséquences économiques et sociales graves avec une perte de chiffres d’affaires et un risque sur les emplois ».