Catherine Gaudy : « un dialogue clair et transparent avec les enseignants »

Nommée le 4 juillet, Catherine Gaudy succède à Josette Théophile au poste de DRH des ministères de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Administratrice de l’INSEE, Catherine Gaudy a travaillé au sein de la direction du budget du ministère des finances ainsi qu’aux affaires financières de l’Education nationale. Depuis octobre 2010, elle était adjointe au directeur général pour la Recherche et l’Innovation. Entretien.

Quel est votre état d’esprit, quelques jours après votre première rentrée scolaire à ce poste ?

Je suis vigilante et enthousiaste à l’idée de participer à des réformes importantes visant à réussir le changement annoncé : la refondation de l’école.

Comment comptez-vous diriger les ressources humaines de l’Education nationale, soit environ 850 000 enseignants ?

Mon rôle est de mettre en œuvre la politique décidée par le gouvernement. Je vais devoir procéder à la fois aux recrutements afin de pourvoir les besoins de l’Education nationale et, aussi, m’attacher à refonder la formation des enseignants. Je souhaite atteindre les objectifs fixés par le ministre, en veillant à répondre aux aspirations des enseignants, ce qui passe par l’instauration d’un dialogue clair, transparent et constructif. Dans mes décisions, je m’attacherai au sort de chaque individu, même si la gestion personnalisée relève davantage des établissements scolaires et des rectorats.

Quelles mesures avez-vous déjà prises en matière de recrutement et quels sont vos chantiers prioritaires ?

Plusieurs mesures ont déjà été lancées, notamment le recrutement d’un millier de professeurs des écoles à la rentrée. D’autres moyens vont suivre pour renforcer les académies : 100 conseillers principaux d’éducation, 2000 assistants d’éducation et environ 500 assistants chargés de prévention et de sécurité (APS) seront accordés. Il a également été décidé que, dès cette année, les enseignants stagiaires bénéficient de 3h de décharge hebdomadaire, soit 1/6e de leur temps de service, afin d’exercer dans de meilleures conditions. Auparavant, ils débutaient à plein temps deux mois après avoir décroché le concours.

Pour la rentrée 2012/2013, l’un des mes chantiers prioritaires est de travailler sur la réforme de la formation des professeurs : une année transitoire est à prévoir lors des prochains concours. Le dispositif des emplois d’avenir professeur (réservé aux étudiants en 2e année universitaire sur critères sociaux) devrait être opérationnel en janvier 2013. Et, bien sûr, je suis avec attention la grande concertation enseignante qui a lieu en ce moment. Il ne s’agit donc pas d’une liste de projets figés !

706 postes sont restés vacants lors de la dernière session du Capes : y a-t-il un risque de pénurie ?

On ne peut pas parler de pénurie. Il y a de nombreux candidats au concours mais il existe des difficultés de recrutement dans certaines disciplines du second degré, telles que les mathématiques, l’anglais et les lettres classiques. 22 000 postes supplémentaires seront ouverts au prochain concours public et privé des professeurs. Nous n’aurons pas de problème à les pourvoir puisque plusieurs indicateurs me permettent d’être raisonnablement optimiste : nous enregistrons notamment +10% d’inscrits et +16% en mathématiques.

Comment allez-vous gérer le dossier des remplacements d’enseignants ?

C’est une préoccupation majeure car ce dossier touche à la continuité du service public. Pour l’enseignement du premier degré, des moyens significatifs sont consacrés et notre efficacité est très bonne. La situation d’élèves sans professeur est très exceptionnelle et les 1000 postes crées à la rentrée ne peuvent qu’améliorer les choses. Dans le second degré, la situation est plus complexe du fait de l’existence de 130 disciplines. Malgré tout, au regard de l’année scolaire 2011-2012, nous constatons un taux d’efficacité satisfaisant. Pour 2012-2013, il devrait rester à un niveau au moins aussi correct, avant une amélioration puisqu’à partir de 2013 nous augmentons le nombre de postes au concours.

Envisagez-vous de mettre en place un baromètre social de l’Education nationale ?

Ma réflexion n’est pas tranchée. Je dispose déjà de remontées des cadres hiérarchiques, qui ne se privent pas de me fournir des notes d’ambiance sur le terrain. Je consulte les organisations syndicales et je continuerai à les voir car il s’agit d’un bon relais d’opinion quant aux attentes des professeurs. Je ne suis donc pas convaincue par la pertinence d’un troisième instrument de mesure.

1 commentaire sur "Catherine Gaudy : « un dialogue clair et transparent avec les enseignants »"

  1. alain augé  8 septembre 2012 à 9 h 35 min

    « La situation d’élèves sans professeur est très exceptionnelle ». On se fout du monde !! L’absence des profs peut se chiffrer (au plus bas) à 2 h par semaine. En 13 ans (dès la grande section jusqu’au Bac), à raison de 26 h par semine, un élève aura perdu 1 an de formation ! ((2 x 13) / 26) C’est lamentable.
    D’autant plus que la circulaire Robien impose aux établissements de se doter d’un vivier de remplaçantrs pour les petites absences (moins de 15 jours). Va-t’on appliquer la loi ou faut-il s’en remettre aux tribunaux ?Signaler un abus

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