Sgen-CFDT : une rentrée « sous le signe de l’espérance »

Le Sgen-CFDT se félicite de l'avancement des débats de la concertation sur la refondation de l'Ecole, et attend qu'elle débouche sur une "loi ambitieuse", à la hauteur des fortes attentes des personnels.

Conférence rentrée syndicat Sgen-CFDTLe syndicat Sgen-CFDT, troisième syndicat des enseignants et deuxième syndicat du secondaire, a salué lors de sa conférence de rentrée ce mercredi une rentrée « administrativement réussie ». Elle reste toutefois difficile « sur le plan matériel », suite à l’addition des suppressions de postes ces dernières années, et aux réformes initiées par le précédent gouvernement mais « non suivies », pour la plupart restées « au milieu du gué ».

Cette rentrée est placée « sous le signe des attentes, fortes, et même de l’espérance, des personnels », dans le contexte de la concertation pour la refondation de l’école, a déclaré Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen. La concertation s’annonce « de qualité », elle inspire donc une certaine « exigence » et devra déboucher sur « une loi ambitieuse (…) qui engage de façon ferme et claire le système dans sa transformation ».

Ce chantier est complexe, puisqu’il n’engage pas que la communauté éducative, mais aussi toute la société civile. Par exemple, le thème des rythmes scolaires « doit être débattu largement » puisque ce problème de société a des conséquences sur « la charge de travail des élèves » et leur « implication » dans les études, mais aussi sur « l’organisation des vacances, du tourisme, de la place des femmes au niveau du travail »…

Des consensus émergent de la concertation

Toutefois, les débats en cours « se précisent », et les participants à la concertation en sont « plutôt aux deux tiers qu’à la moitié » des discussions. Bien que les positions de certains syndicats « se durcissent », des consensus émergent, par exemple sur la notion du socle commun, qui n’est plus vraiment contestée. Ou encore sur la place du concours, qui pourrait avoir lieu en fin de M2 « à condition qu’il y ait eu à l’entrée en master (…) un pré-recrutement » et, pour le Sgen, que « le concours soit extrêmement sumplifié, que ce soit le master qui valide l’essentiel des connaissances et des compétences ».

Concernant les mesures d’urgence entreprises cet été par le nouveau ministre, le syndicat ne critique pas le principe des emplois d’avenir professeur, un dispositif avant tout « d’aide sociale aux étudiants en difficulté », qui pourrait se révéler un « outil intéressant » pour pallier les difficultés de recrutement dans « certaines disciplines et certaines académies ». Mais il ne peut en aucun cas s’agir de « la Solution » unique au problème de l’épuisement du vivier.

Sur le sujet des APS par contre, bien que des personnels spécialisés dans ce domaine soient nécessaires, le syndicat est convaincu qu’il aurait mieux valu créer une quatrième mission « prévention et sécurité » chez les assistants d’éducation. La création de ce nouveau corps de métier, mal intégré dans la vie scolaire car recoupant « des missions de CPE » et placé sous l’autorité directe du chef d’établissement, devrait perturber le fonctionnement des établissements.

Evaluation, avancement, rémunération et temps de travail

Pour restaurer l’attractivité du métier d’enseignant, « question qui sera prégnante dans les années à venir », il est essentiel pour le Sgen de réfléchir au recrutement, à l’évaluation, à la revalorisation salariale et au temps de travail, autant de problèmes « mis sur la table » dans le cadre de la concertation.

L’évaluation des enseignants doit pour le syndicat être déconnectée « de l’avancement de carrière », et porter sur l’ensemble des tâches de l’enseignant : le face-à-face avec les élèves, mais aussi sa participation au travail d’équipe, à la vie de l’établissement… Les missions de l’enseignant doivent en conséquence être remises à plat, avec une réflexion sur le temps de travail, car il ne semble par exemple plus possible de continuer à « décalquer » le temps de travail des professeurs des écoles sur le temps de présence des élèves.

Concernant l’avancement, le Sgen propose « le même rythme pour tous, qui correspondrait au minimum à l’avancement au choix » des enseignants. Pour reconnaître « les tâches spécifiques » de certains personnels, il serait possible de réfléchir « en termes de décharge de service ou de bonification indiciaire ».

Les fédérations syndicales telle la CFDT ont par ailleurs ouvert hier des discussions avec le gouvernement sur la rémunération dans la fonction publique, et le gel du point d’indice effectif depuis deux ans. Sur la question du pouvoir d’achat, les enseignants sont indissociables du reste des fonctionnaires pour le Sgen, mais ce « vrai problème » fera bien entendu partie des sujets de négociation.

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