Rentrée 2012 : « certaines mesures vont encore dans le sens du gouvernement précédent » (FSU)

Les syndicats nationaux Education de la FSU donnaient ce matin leur conférence de presse de rentrée. S'ils se sont réjouis de la réouverture du dialogue social, ils ont également regretté certaines décisions du nouveau ministre se rapprochant, selon eux, de la politique du gouvernement sortant. Ils ont également rappelé les attentes de la FSU concernant la nouvelle loi d'orientation et de programmation pour l'école.

FSU

Bernadette Groison (secrétaire générale FSU), Michel Gonnet (SNPI), Sébastien Sihr (SNUIPP), Jérôme Dammerey (SNUEP)

La FSU tenait ce matin, au lendemain de la rentrée scolaire, une conférence de presse à laquelle participaient tous les représentants de ses syndicats nationaux Education (SNASUB, SNEP, SNES, SNESUP, SNETAP, SNICS, SNPI, SNUEP, SNUIPP, SNUAS FP et SNUPDEN). Bernadette Groison, secrétaire générale, est revenue sur les conditions de cette rentrée de transition entre les politiques du ministre de l’Education sortant Luc Chatel et du nouveau ministre socialiste Vincent Peillon. Elle a également précisé les attentes des syndicats FSU concernant les perspectives à inscrire dans la nouvelle loi d’orientation et de programmation pour l’école.

Le contexte particulier de la rentrée scolaire 2012

La rentrée 2012 s’est effectuée « dans un meilleur climat » du fait de la réouverture du dialogue social avec le ministère (particulièrement dans le cadre de la concertation pour la refondation de l’école), a estimé Bernadette Groison, mais « d’autres mesures auraient pu être prises » par le nouveau gouvernement, comme l’abandon du Livret personnel de compétences ou la fin du dispositif ECLAIR (Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite). « Avec la priorité donnée à l’éducation par le président, nous attendons des signaux forts », a-t-elle annoncé.

Elle a également déploré que les difficultés « héritées de Luc Chatel » viennent entacher le déroulement de la rentrée. La secrétaire générale a notamment cité le démantèlement des RASED et la surcharge des classes.

L’embauche de 500 APS contestée

Bernadette Groison a également regretté certaines décisions du nouveau ministre, allant « encore dans le sens du gouvernement précédent ». Elle a particulièrement dénoncé l’embauche de 500 APS (Assistants chargés de prévention et de sécurité), prévue avant fin 2012 : « stop au ‘millefeuille’ où l’on superpose adultes sur adultes sans tenir compte de ce qui existe déjà ! » Selon Hélène Laingui, du SNUAS FP (Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique), les missions de ce nouveau corps de métier empiètent en effet sur celles des assistants sociaux dans les établissements scolaires. Et « leurs 8 semaines de formation ne remplaceront pas les 3 ans d’études obligatoires pour l’obtention du diplôme d’assistant social, a-t-elle déploré. Cela fait des années que nous sommes en sous-effectifs et réclamons la création de 500 postes en urgence. Ils ne nous ont jamais été accordés ».

Du temps « banalisé » pour participer à la concertation sur la refondation

Bernadette Groison a aussi rappelé l’enjeu majeur de la future loi d’orientation et de programmation pour l’école : la lutte contre les difficultés et l’échec scolaires, grâce à une réflexion menée avec l’ensemble des acteurs dans le cadre de la concertation préalable ouverte par Peillon début juillet. Cependant, rien « ne peut se faire sans les personnels de l’Education », a-t-elle estimé. C’est pourquoi la FSU a réclamé à Peillon la « banalisation » dans les établissements d’un temps consacré à la réflexion et aux débats, afin que les personnels éducatifs puissent être associés à la concertation.

Des « attentes fortes » pour la loi d’orientation et de programmation pour l’école

La secrétaire générale de la FSU a également précisé les axes proposés par le syndicat pour la future loi d’orientation et de programmation pour l’école :
– la clarification de ce qui doit être enseigné à l’école, grâce à la création d’une instance de réflexion et de pilotage relative  aux contenus des programmes scolaires.
– la réorganisation de l’éducation prioritaire (carte, critères…)
– l’amélioration de la qualité du temps éducatif, en repensant l’articulation du temps scolaire et du temps périscolaire.
– la clarification des missions des futurs emplois d’avenir professeurs, pour que le temps passé dans l’établissement ne soit pas consacré à l’enseignement ou au remplacement, mais à la découverte du métier.
– la revalorisation du salaire des personnels. « Peillon doit passer de l’indignation à l’action », a estimé Bernadette Groison, en référence à la déclaration du ministre jugeant qu’il « serait digne de mieux payer les enseignants ».

« Nous devons établir un nouveau pacte éducatif, a conclu la secrétaire générale. Cependant, l’école seule ne peut pas tout. D’autres politiques publiques doivent aussi être mises en oeuvre pour poursuivre l’action des personnels éducatifs. »

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