Deux priorités pour la rentrée : « la scolarité obligatoire » et « la gouvernance » (SNPDEN)

Lors de sa conférence de rentrée, le syndicat des personnels de direction SNPDEN UNSA a exprimé ses attentes concernant la scolarité jusqu'au collège et la refondation du système éducatif.

SNPDEN Unsa Conférence de rentrée 2012« Cette rentrée se fait dans un climat un peu plus détendu » que les précédentes, juge Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, mais « les difficultés sont et resteront considérables ». A l’occasion de la traditionnelle conférence de rentrée du SNPDEN UNSA, ce lundi, le principal syndicat des personnels de direction a évoqué deux grands thèmes prioritaires dans le contexte de changement de politique éducative : « l’éducation obligatoire » et « la gouvernance du système éducatif ».

Philippe Tournier souhaite « interroger les spécificités de la scolarité obligatoire » (primaire et collège), et en particulier « le socle commun ». Il rappelle qu’au terme de cette scolarité obligatoire « toute une génération doit posséder certaines compétences et connaissances », et qu’il n’est donc pas souhaitable qu’une concurrence existe entre les élèves durant cette période d’apprentissage. Une fois ce socle commun acquis, un « tri » pourrait avoir lieu à partir du lycée, mais sur des critères « explicites ». Cette transparence est nécessaire car « certains élèves se retrouvent aujourd’hui hors-jeu sans savoir pourquoi », déplore Philippe Tournier.

Un contrat entre l’EPLE, l’Etat et les collectivités

Au niveau de la gouvernance du système éducatif, « on sort de 20 ans d’errements ». Pragmatique, le SNPDEN encourage une redéfinition des responsabilités de chaque échelon du système éducatif en fonction de son périmètre d’action : « il y a des questions qui peuvent se régler à l’échelle de l’établissement » et qui devraient donc être du ressort des personnels de direction, et des problématiques plus globales comme celles de « la mixité sociale et scolaire » qui doivent être traités par l’Etat. « Chaque échelon a des responsabilités et tout le monde ne peut pas être responsable de tout », rappelle Philippe Tournier.

Le syndicat demande par ailleurs que le rôle des collectivités locales soit davantage reconnu. Le système dit « des compétences partagées » est « dans l’impasse » pour le syndicat : c’est « la guerre » ouverte dans un quart des académies entre le rectorat et les collectivités, et ces autorités concurrentes « s’annulent ». Le SNPDEN revendique la création de contrats tripartites qui associeraient « l’établissement, l’Etat central et les collectivités ». Une fois ce contrat mis en place, le syndicat demande qu’on « lâche les baskets à l’établissement ». L’Etat conserverait un rôle de contrôle et de régulation, selon « une politique claire » qui ne devrait pas changer « tous les quatre matins ». « Pour la gouvernance, c’est ça le changement », souligne Philippe Tournier.

Revoir la progression de carrière

Le SNPDEN salue par ailleurs les créations de postes d’enseignants annoncées par Vincent Peillon. « Il ne s’agit pas réellement de créations mais de transferts de postes » au sein de la fonction publique, rappelle Philippe Tournier, ce qui fait peser sur l’école un « devoir moral ». Le syndicat se réjouit donc que cet accroissement des effectifs s’accompagne d’une « refondation » du système éducatif. Le syndicat voit d’un bon oeil les emplois d’avenir, qui permettront « une fidélisation en amont des personnes souhaitant devenir enseignants », alors que les candidats aux concours sont toujours moins nombreux et les viviers de contractuels épuisés dans certaines académies.

« Il faudra des années pour résoudre cette pénurie » de candidats, affirme Philippe Tournier. Pour donner à nouveau envie aux jeunes de devenir enseignants, le syndicat suggère notamment de réévaluer leurs missions car « il n’y a pas que le face à face avec les élèves ». Il propose aussi de revoir la construction de carrière, pour éviter que les professeurs fassent toujours « la même chose » 40 ans après avoir intégré l’Education nationale. « Il faut des promotions, des responsabilités… »

Pour les personnels de direction aussi, « il faut se poser la question des carrières longues ». Si autrefois « la carrière ne se construisait que sur une quinzaine d’années », aujourd’hui les candidats au concours de chefs d’établissements sont plus jeunes. « Un des obstacles c’est aujourd’hui la multiplication des corps alors qu’on pourrait imaginer des rapprochements notamment avec les personnels d’inspection. Leur rôle va évoluer certainement vers de l’audit d’établissement », estime Philippe Tournier.

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1 commentaire sur "Deux priorités pour la rentrée : « la scolarité obligatoire » et « la gouvernance » (SNPDEN)"

  1. segolu  31 août 2012 à 14 h 06 min

    Ex-adhérent de ce syndicat, élu commissaire paritaire trois années, je récuse ABSOLUMENT le mot « TRI » utilisé ci-dessus.
    Il est urgent de former les personnels, y compris les chefs d’établissement. JP GuilianelliSignaler un abus

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