Classement de Shanghai : Fioraso doit cesser d' »entretenir l’illusion paranoïaque d’un complot qui s’acharnerait sur la France »

Pour François Garçon, enseignant-chercheur, la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso devrait tirer des leçons du classement de Shanghai, plutôt que le dédaigner en estimant que les universités françaises n'y occupent pas la place qu'elles méritent.

Dans une tribune publiée hier sur Le Plus, l’enseignant-chercheur François Garçon estime que Geneviève Fioraso devrait s’interroger sur les véritables causes des mauvais résultats de la France au classement de Shanghai, plutôt que d’incriminer des critères d’évaluation non adaptés au fonctionnement des universités européennes.

Dans une interview parue jeudi dans Les Echos, Geneviève Fioraso affirmait en effet que les critères du classement de Shanghai, « conformes à l’organisation des universités anglo-saxonnes », « ne correspondent pas au fonctionnement européen », et que « les grandes universités européennes comme Heidelberg, Bologne ou la Sorbonne n'[avaient] pas la place qu’elles méritent ». La ministre citait notamment la non-prise en compte des sciences humaines et sociales, de la « qualité de l’enseignement » et de la valorisation de la recherche.

Pour François Garçon, « le fait essentiel n’est pas tant l’impérialisme anglo-saxon que l’organisation de l’enseignement supérieur ». Il rappelle que « certains pays, non anglo-saxons, comme la Suisse ou les Pays-Bas, font mieux que la France ».

Quant à la non-prise en compte des SHS dans le classement, Fioraso « croit-elle vraiment que si un tel domaine était rajouté aux critères […], la France gagnerait des places ? » s’interroge l’enseignant, rappelant que « quand les presses de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne publient annuellement 25 titres en sciences humaines et sociales, Cambridge University Press en publie un total de 500, dont plus de la moitié en SHS ».

Il juge aussi que la ministre devrait cesser « de fanfaronner sur une pseudo-excellence française de l’enseignement » jamais mesurée, ni auprès des étudiants comme en Grande-Bretagne, ni auprès des professeurs. En revanche, cette « qualité de l’enseignement » laisse voir « les 62% d’étudiants incapables d’obtenir leur licence en trois ans » déplore François Garçon.

« Au lieu d’entretenir l’illusion paranoïaque d’un complot qui s’acharnerait sur la France », Geneviève Fioraso devrait « préconiser les bonnes médications, celles que pratiquent les établissements qui caracolent dans tous les classements internationaux », conclut l’enseignant-chercheur.

Dans le dernier classement de Shanghai, la France occupe la huitième place mondiale. Seules 3 universités françaises sont classées dans le Top 100.

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