Université du Havre/Flickr/CamilleStromboni

Université du Havre/Flickr/CamilleStromboni

Loi Pécresse oblige, les universités n’échappent pas à une féroce concurrence. Pour donner la meilleure image d’elles-mêmes, elles n’ont plus le choix : elles doivent communiquer.

Les facs invitent des people : Lucie Delaporte indique ainsi que Paris 8 (université de Saint-Denis) propose régulièrement des rencontres autour de grands réalisateurs, comme Michael Haneke ou Manoel de Oliveira.

Les facs changent de nom : « Paris 12 s’est transformé en UPEC (Université Paris Est Créteil), et on ne dit plus université de Strasbourg mais ‘Unistra' » lit-on ainsi dans l’article. Ultime signe de com, elles arborent des logos sophistiqués, et des sites internet refaits à neuf. Sans oublier les produits dérivés

Si vis-à-vis de l’extérieur, l’image des facs gagne en glamour, en interne, la pilule passe difficilement. Tout d’abord en termes de budget : le budget com coûte cher, alors que nombre d’universités ont du mal à boucler leurs finances.

Communiquer sur la science

Et surtout en termes de mentalité : pour les enseignants-chercheurs, la com ne se fait pas où elle le devrait. Ainsi pour Catherine Deville Cavellin, enseignante à l’Université Paris Est Créteil, « quand on organise des colloques scientifiques, cela n’intéresse absolument pas les gens de la communication. Alors que ce serait le moment où jamais de communiquer ». Mieux vaudrait valoriser la recherche plutôt que de produire un beau logo, ou une belle marque.  Qui n’est pas perçue comme une réussite, qui plus est : « Unistra, pour moi, c’est une poudre de lessive », déplore Pascal Maillard.

Pour cet enseignant-chercheur en effet, « il y a un enjeu très important à changer de nom. On ne peut pas transformer un nom qui symbolise un lieu de savoir en une marque. L’université de Strasbourg a une histoire. Là, on travaille contre l’histoire ».

 Deux cultures incompatibles ? L’avenir le dira.