sexymandarin leçon 9 lavage de voitures

Aller chez le médecin, se refaire une beauté devant un miroir ou laver des voitures : tout est prétexte à enrichir son vocabulaire sur Sexymandarin.

Pour faire de l’apprentissage du chinois « une expérience stimulante », sur sexymandarin.com, les professeurs de langue sont des mannequins en tenue légère. « Je vous promets que vous allez vous souvenir de chaque leçon », affirme une vidéo promotionnelle.

« Le mandarin est une langue incroyablement difficile. Il y a très peu de livres disponibles et ils sont terriblement ennuyeux », explique la japonaise Kaoru Kikuchi, co-fondatrice du site. « Moi aussi, j’aurais bien aimé apprendre le mandarin en regardant des vidéos sexy plutôt que dans des livres remplis de centaines de caractères », plaisante-t-elle.

Melody, Kiki, Tiffany et Sandra font partie des enseignantes de cet audacieux projet de e-learning. Aucun homme face à la caméra, que des modèles féminins, pour la plupart d’origine taïwanaise. Dans la première leçon vidéo, deux de ces jeunes filles en sous-vêtements s’enlacent, quand soudain l’une d’elle s’inquiète : « – Quelle heure est-il ? – Douze heures environ. – Je dois y aller, mon mari m’attend ! ». Le dialogue très inspiré est ponctué par les interruptions pseudo-pédagogiques d’un personnage animé, M. Fung, qui traduit les répliques en anglais.

Un site « pornographique » qui « exploite les stéréotypes »

Selon Jeune Afrique, cette méthode d’apprentissage décalée a déjà séduit 10.000 étudiants. Le site recrute d’ailleurs de nouveaux membres pour son équipe pédagogique. Aucun champ du formulaire de candidature ne permet de mentionner une expérience dans l’enseignement; par contre, fournir une photo en pied et une autre du visage est obligatoire.

Avec ce site provocateur, Kaoru Kikuchi ne s’est pas fait que des amis. « Cette façon de jouer avec l’image exotique des femmes chinoises est très choquante », commente par exemple Annie Chan, présidente de l’association féministe de Hong Kong. Elle accuse le site d' »exploiter les stéréotypes de certains occidentaux », et de « vendre du sexe ou des services sexuels sous le prétexte de fournir des cours de langue ». L’éditorialiste du Global Times, un quotidien nationaliste de Pékin, dénonce lui aussi un site « pornographique » qui, sous prétexte « d’apprendre le mandarin aux Japonais », donne de la Chine « une image détestable ».

La controverse amuse Kaoru Kikuchi, qui travaillerait sur une version en français. « Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent tenter leur chance en Chine, c’est à eux que nous nous adressons », assure la jeune femme.

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