Photo Spencer Tunick nus dans un port

Spencer Tunick mobilise des centaines de volontaires pour ses photos de nus. (love Maegan/CC/flickr)

Depuis maintenant 20 ans, le photographe new-yorkais Spencer Tunick s’est fait une spécialité d’immortaliser des foules de volontaires nus. Pour ses projets, il rassemble des centaines voire des milliers de personnes, et leur demande d’enlever leurs vêtements avant de les photographier. Lui-même se définit comme un « créateur d’installations » artistiques, la photo n’étant que la représentation de ses oeuvres.

Le site de The Atlantic propose dans un article publié ce mardi de redécouvrir son oeuvre à travers 33 photos.

Le concept de Spencer Tunick est simple : « les invidus en masse, sans leurs habits, regroupés ensemble, se métamorphosent en une nouvelle forme ». Il vise à créer une architecture formée de chair, où les corps humains se fondent dans le paysage ou contrastent avec des lieux à l’architecture particulière.

Arrêté à Paris en 1994

Spencer Tunick a réalisé ses mises en scène dans de nombreuses grandes villes : New York, Munich, Mexico, Amsterdam, Lyon… Mais il a également fait poser ses figurants dans des lieux plus insolites, tel le glacier suisse d’Aletsch, le plus grand des Alpes, en réaction au réchauffement climatique, ou encore un vignoble de Bourgogne, une bouteille à la main, dans le cadre d’une action menée avec Greenpeace.

Cette démarche n’est pas sans risque, et l’artiste s’est par exemple fait arrêter en 1994 au Rockefeller Center, en compagnie d’un modèle nu, pour attentat à la pudeur. Après l’abandon des charges, la police a décidé quelques années plus tard de l’accuser plutôt de rassemblement illégal, après qu’il a réuni 150 personnes pour les besoins d’un autre shooting dans les rues de New York, en 1999.

A Paris également, il a été arrêté en 1994 pour avoir photographié cinq personnes nues devant l’Assemblée nationale. « La police française n’arrivait pas à croire que mes modèles faisaient ça pour une oeuvre d’art, pour faire quelque chose de beau et d’amusant », explique-t-il. « Ils nous ont laissé partir, mais après nous avoir fait signer une attestation sur l’honneur que nous ne recommencerions pas, sinon nous serions expulsés. » Dix-huit ans plus tard, sa réputation solidement établie, il est probable qu’il pourrait réitérer devant l’Elysée sans être inquiété !