Dans la rubrique Education du site du Nouvel Obs, plusieurs articles traitent de la désaffection pour le métier enseignant. Profs, pourquoi le métier ne plaît plus ? et Cherche professeurs désespérément sont ainsi les titres de deux articles récents.

Dans le premier, c’est la réponse des étudiants à la traditionnelle question : « Quel métier pensez-vous faire ? » qui est mise en avant. Elle est unanime : « Tout mais pas l’enseignement ! ».

Anne Fraïsse, présidente de Montpellier-3 et vice-présidente de la CPU (Conférence des Présidents d’Université), citée dans l’article, confirme elle aussi cette tendance.

Cette année encore, de nombreux postes n’ont pas été pourvus au CAPES. « Les étudiants sont toujours moins nombreux à vouloir devenir professeur » note ainsi le second article. Pourtant souligne le premier, les concours de fonctionnaires, autres que les concours enseignants, rencontrent un franc succès auprès des jeunes : « les jeunes diplômés se bousculent aux épreuves des autres concours de fonctionnaires, pour devenir inspecteur des impôts, lieutenant de police ou assistante sociale ».

Un phénomène européen

Attention toutefois à ne pas stigmatiser la France : le phénomène est européen.

« Pour des raisons différentes, un grand nombre de pays, que ce soit l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche ou la Norvège, connaissent également ces difficultés de recrutement », indique Bernadette Forsthuber, coordinatrice éducation à la Commission européenne.  Les faibles salaires et le manque de perspective d’évolution professionnelle sont des causes déterminantes.

En France toutefois, la masterisation a joué un rôle déterminant : « elle a accru de façon dramatique la désaffection déjà installée » pour Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général.

Enfin, les mauvais souvenirs de l’école -les élèves français étant parmi les plus stressés en Europe- contribuent à donner une mauvaise image du métier. D’après Anne Fraïsse, « nos étudiants, avant tout, ne veulent pas retourner dans l’école qu’ils ont connue. »

Le ministère de l’Education a repoussé à aujourd’hui la date limite d’inscription aux concours enseignants, afin de tenter de grossir les rangs des candidats. Les lauréats 2013 seront-ils pour autant assez nombreux ?