Faire travailler les élèves l’été, est-ce vraiment utile ?

Les grandes vacances sont arrivées. Pour une majorité d’élèves, elles sont synonymes de jeux en plein air, de baignades, mais aussi de la corvée des devoirs de vacances. Plébiscités par les uns, critiqués par les autres, ils continuent de rencontrer un large succès. Sont-ils indispensables ? Eléments de réponse.

Tableau noir

Clay Shonkwiler/Flickr

Pour beaucoup de parents, les devoirs pendant les vacances d’été sont une bonne chose : ces exercices constituent un élément rassurant, qui permettra à leur enfant de se maintenir à niveau ou si besoin, de rattraper les lacunes accumulées en cours d’année. Ils sont également un moyen pour les parents de se rendre compte de ce que doit savoir leur enfant à son âge. Le succès des cahiers de vacances ne se dément d’ailleurs pas : en 2011, il s’en est vendu près de quatre millions ! Mais la réalité montre que peu d’enfants sont assidus avec les cahiers : ceux qui les terminent sont, en général, de bons élèves qui prennent les exercices comme un passe-temps.

Les vacances d’été : une coupure nécessaire

Chez les enseignants, le sujet fait débat. Certains encouragent à travailler pendant les vacances mais la majorité s’interroge cependant sur l’utilité et l’efficacité d’exercices rabâchés pendant l’été et préconise une vraie période de repos. Pour Valérie Sipahimalani, secrétaire nationale responsable du lycée au sein du Snes, « il ne faut pas imposer à l’enfant de devoirs d’été. Ces vacances sont un moment de repos et de détente qu’il faut savoir préserver. On ne peut pas combler des lacunes accumulées en faisant des devoirs de vacances. Il vaut mieux souffler un peu. La pression scolaire est grande et l’enfant a parfois besoin de se libérer d’un poids ». Même son de cloche chez Valérie Marty, présidente de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep) : « Les vacances sont faites pour se reposer. Les enfants ont besoin d’un break après une année scolaire chargée et qui peut être longue et stressante. »

Attention donc à ne pas confondre période de vacances et période de révisions. Le risque selon les enseignants ? Celui de dégoûter l’enfant de l’école, surtout si ce dernier a éprouvé des difficultés pendant l’année scolaire. Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUIPP-FSU explique : « Les devoirs, et a fortiori les devoirs de vacances, sont la face visible de l’iceberg de la pression scolaire. C’est toujours le vieux débat du travail hors classe. Il faut rappeler aux parents l’importance de la pédagogie qui ne passe pas forcément par des exercices purement scolaires, mais par des moments partagés et bénéfiques à l’enfant, comme raconter une histoire, partager un livre ensemble ou faire des sorties culturelles. Il faut savoir déconnecter ! » Cependant, pour les enfants qui ont pris du retard pendant l’année, « une petite remise en route peut être utile avant la rentrée », concède-t-il, « cela passe par une reprise du rythme scolaire. On met à plat avec l’enfant les soucis rencontrés pendant l’année passée pour le remettre en confiance. Les stages de remise à niveau sont possibles, mais il faut avant tout évaluer les besoins de l’enfant ».

Des alternatives aux traditionnels cahiers

Pour autant, faut-il ne rien faire pendant deux mois ? Plusieurs alternatives sont possibles pour aider l’enfant à garder les acquis de l’année scolaire tout en préservant la nécessaire coupure estivale. Valérie Marty, présidente de la Peep, préconise par exemple « des jeux de société comme le Monopoly, pour travailler les mathématiques de manière ludique, ou encore la lecture, qui est un bon moyen de stimuler son enfant avec un livre qu’il aura choisi et qui le sortira du programme scolaire et des lectures imposées». Valérie Sipahimalani encourage également les parents à faire travailler leurs enfants dans le réel : « ils peuvent se composer un carnet de vacances, avec des observations, des histoires, que les parents corrigent ensuite. La contrainte ne sert à rien, et si c’est pour faire des exercices purement scolaires sans un enseignant pour corriger, cela ne sert pas à grand chose ».

En bref, des activités choisies selon l’âge et le niveau de l’enfant, pour que le plaisir d’apprendre et de découvrir se retrouve aussi lors de la rentrée des classes en septembre.

Christophe Panon

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