Vendredi 6 juillet, suite au lancement de la concertation qui doit aboutir à la loi d’orientation et de programmation sur l’école à l’automne, l’ensemble des syndicats enseignants ont réagi.  Ils ont fait part de leur analyse à l’AEF. Globalement, le principe même de concertaion a été très bien accueilli.

« L’école ne concerne pas que les enseignants »

Pour Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT, le lancement de cette concertation jeudi est un « moment symboliquement fort ». Patrick Désiré, co-secrétaire général de la CGT-Éduc’ action juge cette « démarche inédite et intéressante ».

« L’idée de faire une refondation de l’école qui intègre [les avis] d’un maximum de personnes est plutôt positive […] » estime de son côté Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU.

Afin de contribuer encore plus largement au débat, la fédération FSU a mis en ligne un site où enseignants, élèves et parents pourront donner leurs idées.

« La concertation est large. C’est positif. Nous avons toujours pensé que l’école n’est pas la priorité de ses acteurs mais de l’ensemble de la Nation […] » a de son côté déclaré Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa.

Patrick Désiré, co-secrétaire général de la CGT-Éduc’ action, salue le caractère particulier de cette concertation : « Nous pensons que l’école ne concerne pas que les enseignants ».

Le site du Nouvel Obs notait en effet ainsi le 5 juillet que « les syndicats d’enseignants, les fédérations de parents d’élèves, les chercheurs, les organisations de lycéens et d’étudiants, des représentants du monde économique » étaient associés à la concertation.

« Des difficultés importantes »

Cependant, des voix inquiètes se font entendre. « Nous sommes dans l’expectative. Il est un peu tôt pour avoir une appréciation d’ensemble sur la concertation » juge ainsi Hubert Raguin, secrétaire général du Fnec-FP-FO. Et d’ajouter : « Nous sommes un peu préoccupés par le contexte budgétaire ».

Pour Sud-Education, par ailleurs, il n’y aura « pas de refondation sans le retour des 80 000 postes supprimés par le gouvernement précédent ».

Hier lors du « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro », Vincent Peillon a reconnu des « difficultés importantes« . Le ministre de l’Education a cité « l’augmentation du décrochage scolaire selon les études de l’OCDE », les « 40 % d’élèves ayant des difficultés en français et en maths à l’entrée du collège », les « 6 % de réussite en moins au bac professionnel cette année »…

Ce qui fait dire à Christian Chevalier, qu’il est souhaitable que « le rapport qui sera remis […] (suite à la concertation ndlr) en octobre ne se contentera pas de faire un constat mais formulera des propositions concrètes pour construire une école plus juste. »