Madame Figaro, professeure des écoles dans les Côtes d’Armor, alimente depuis quelques temps un petit blog pédagogique sur lequel elle partage des vidéos, articles et ressources utiles à l’enseignement de la lecture, de l’écriture et de l’anglais. Elle ne s’imaginait pas que ce modeste blog, intitulé La classe de madame Figaro et attirant une petite cinquantaine de visiteurs par jour, puisse gêner un grand groupe de presse. Pourtant, l’enseignante a reçu la semaine dernière un mail du service juridique du Figaro stipulant que « l’usage non autorisé et répété de MADAME FIGARO constitue une atteinte aux droits de propriété intellectuelle », et la sommant de cesser immédiatement l’utilisation de ce nom sur son blog. Surprise, l’enseignante a alors proposé de transformer son pseudo en « Mme Figaro », afin d’éviter toute confusion avec le magazine féminin du même nom. Mais elle s’est heurtée à un refus de la directrice juridique. Estimant que le blog de Mme Figaro était « très gênant » et « banalisait la marque », celle-ci lui a fait parvenir une mise en demeure rappelant que « la contrefaçon de marque » était passible de « sanctions pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende ».

Un mouvement de soutien spontané

Mme Figaro a alors modifié le nom de son blog, qui est devenu Les chantiers de l’apprentissage. Mais la communauté éducative a vivement réagi à l’affaire, publiant sur Internet des centaines de messages raillant Le Figaro pour soutenir l’enseignante. Un blog du Monde s’en est amusé en publiant un « best-of » des commentaires.

« Un informateur vient de me préciser qu’un dénommé Mozart s’était également emparé de votre nom pour un de ses opéras ! Réagissez vite avant que votre nom ne soit terni ! », publie notamment un internaute sur la page Facebook du Figaro.

De nombreux médias tel Rue89 ou le Nouvel Observateur ont également relayé l’affaire.

Vers un dénouement ?

Face à la pression, l’éditrice du magazine Madame Figaro a envoyé à l’enseignante un mail d’excuses dans lequel elle lui propose des solutions pour « vivre cette homonymie dans la bonne humeur ». D’après son dernier billet de blog, l’institutrice devrait bientôt pouvoir reprendre son pseudo, peut-être même son nom de blog.