Un rapport du Sénat sur la carte scolaire a été publié hier. Il indique que l’assouplissement de la carte scolaire mis en place en 2007 est un « échec ». Il « n’a pas généré de bouleversement au niveau national très important », mais a eu des « effets pervers » avec des « établissements défavorisés encore plus ghettoïsés ».

Des secteurs scolaires plus élargis

En conséquence, le rapport préconise de créer « des secteurs scolaires plus élargis, avec deux, trois établissements au choix des parents » pour aboutir à plus de mixité sociale, au niveau du collège par exemple, où un seul choix est proposé pour l’instant par secteur.

L’AEF rappelle d’ailleurs que Bruno Julliard, conseiller éducation auprès de Vincent Peillon lors de la campagne présidentielle, avait dit que « François Hollande propo[sait] la mise en place d’une sectorisation plus juste, fondée sur le critère de mixité scolaire, dans le cadre de secteurs aux périmètres élargis[…]. »

Affecter des enseignants chevronnés

Le rapport dresse le constat que « l’hétérogénéité dans les classes est source de réussite, mieux que dans les classes homogènes ». Mais actuellement, la situation est problématique, entre autres parce qu' »on met face à des élèves dans un contexte difficile des enseignants sans formation et sans accompagnement ».

Le rapport suggère donc d’affecter des enseignants chevronnés dans ces établissements. Un autre point essentiel est mis en avant : le rôle des options.

Les options

Françoise Cartron, sénatrice PS de Gironde (Aquitaine), vice-présidente de la commission de la Culture, de l’éducation et de la communication du Sénat et rapporteure du rapport d’information sur la carte scolaire, note que « si le collège est déjà ghettoïsé, les classes moyennes n’y reviendront pas, quelle que soit l’offre curriculaire. » En effet, « les options sont utilisées principalement, non pas pour leur valeur éducative, mais parce qu’elles constituent un motif de dérogation particulièrement commode. Elles ne servent pas à entrer dans un collège ou un lycée moins réputé, mais au contraire à en sortir. » Et souligne le rapport, le jeu des options est particulièrement bien maîtrisé par les familles les plus favorisées.

On peut y lire ainsi que « l’examen des motifs justifiant les dérogations montre un renforcement de l’invocation d’un parcours scolaire particulier (options rares, sections internationales, classes CHAM, etc.) […] . Ce motif est en soi l’indication que les CSP+, qui connaissent mieux les parcours et les cursus, ont su utiliser les nouvelles possibilités de dérogations ouvertes par l’assouplissement. La circulaire de 2007 a conforté les anciennes stratégies de dérogation au profit des familles les mieux informées. »

Etouffer les stratégies de dérogations

Françoise Cartron propose donc « au niveau national une révision drastique de l’offre d’options et de parcours spécifiques. Grâce à l’homogénéisation relative de l’offre de formation qu’elle induira, cette seule mesure étouffera bien des stratégies de dérogations et affaiblira la ségrégation scolaire ».

Par ailleurs, « le choix d’une option n’interviendra pas dans le classement des vœux, de façon à rendre inopérantes les stratégies d’initiés. »